Revue de Presse

Foi en Question (GBU)

Foi en questions

  • Jésus était-il un criminel pour mourir sur une croix ?

    Jésus tel qu’il était décrit dans les Evangiles semble avoir été un homme sage, pacifique, honnête et bon. Il a enseigné qu’il fallait aimer son prochain, il a appris à ses disciples à pardonner et à prendre soin des plus faibles. Jésus avait compassion de tous : que ce soit des collecteurs d’impôts, des officiers romains ou des prostituées.

    Jésus ne méritait pas cette mort

    En fait, les Evangiles sont vraiment des témoignages fiables issus du cercle des disciples qui ont réellement côtoyés Jésus. 
    Tous les éléments fournis dans les Evangiles donnent un portrait cohérent et véritable de qui était Jésus de Nazareth.

    Jésus a vécu sa vie terrestre dans une totale proximité avec Dieu et quand il parlait de Lui, il disait que Dieu était un comme un Père, prêt à pardonner quiconque revient à Lui sincèrement. Jésus enseignait que Dieu était plein d’amour, un Dieu juste qui regarde aux cœurs et non pas aux apparences.

    En fait, de tous les humains ayant marché sur terre, Jésus fut certainement celui qui a mené la vie la plus juste et la plus exemplaire qui soit.

    Pourtant, il fut condamné à l’une des pires morts imaginables: celle de la longue agonie et du supplice sur la croix. Le condamné était cloué par les poignets et les talons à une croix. Il mourrait d’une mort lente, par asphyxie, insolation et déshydratation.

    Dans l’Empire Romain, la mort par crucifixion était un sort réservé aux pires criminels de la société. Ce fut le cas par exemple d’esclaves s’étant révolté avec violence contre leur maître[1].

    Alors comment se fait–il que Jésus ait trouvé une mort si atroce ?

     

    C’est quoi un Messie ?

    Une part de la réponse vient du fait que Jésus a enseigné à tous qu’il était le Messie.

    Tout au long des Ecritures juives, il est ainsi question de Celui qui doit venir : les Juifs l’appellent le Machiach : c’est-à-dire le Messie ou le Christ – traduction en grec. Le Messie était une figure religieuse et politique centrale de la religion juive de l’époque. A l’origine cela renvoie à l’acte de verser de l’huile sur la tête d’une personne. Dans la Bible, trois types de gens reçoivent l’huile ainsi : le roi (qui règne par autorité divine), le prophète (qui représente Dieu auprès des hommes) et le grand-prêtre (qui représente les hommes auprès de Dieu).

    Le Messie qui doit venir sera donc Celui qui accomplira pleinement ces trois rôles à un niveau universel.

    Et selon les prophéties contenues dans la Torah, le livre révélé des Hébreux, le Messie serait un roi-prophète universel qui viendrait apporter le Royaume de Dieu et révéler le Dieu unique Yahvé à toutes les nations païennes.

     

    L’humanité agit en vulgaire brigand

    En effet, les prophéties concernant le Messie trouvent leur place dès le début de de la Bible. Notamment dans le livre de la Genèse où y est raconté comment les humains ont écouté Satan et ont cédé au désir de devenir leurs propres dieux. Ils se sont alors révoltés ouvertement contre Dieu, leur Maître et Créateur.

    Désormais coupés de Dieu, les hommes se mettront à propager le péché et l’injustice dans toute la création. Coupé de la source de la vie, les humains sont soumis à la mort, aux maladies, aux désordres cosmiques et à l’influence des entités démoniaques.

    Mais tout n’est pas perdu, car Dieu a maudit Satan et prophétisé sa défaite : un jour une femme aura un fils, et Celui-là viendra écraser Satan et délivrer l’humanité de l’emprise du Mal. Toutefois cette victoire aura un coût, le Fils de la femme sera mortellement blessé :

    Genèse 3 v. 15 « [alors Dieu annonça a Satan] Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : Celui-ci t’écrasera la tête, mais tu lui blesseras le talon. »

    Le Messie vient subir le châtiment de son peuple

    Tout au long des Ecritures Saintes, on en apprend plus sur ce Messie :

    En fait, on y apprend que sa mission sera de prendre sur Lui la condamnation des péchés afin de permettre à tous ceux qui se repentiront de leurs fautes en croyant en Dieu et au Messie, de trouver le pardon total.

    « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées,
    C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ;
    Et nous l’avons considéré comme puni,
    Frappé de Dieu, et humilié.
    Mais il était blessé pour nos péchés,
    Brisé pour nos iniquités ;
    Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui,
    Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
    Nous étions tous errants comme des brebis,
    Chacun suivait sa propre voie ;
    Et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. »

    (Esaïe 53: 4-6)

    Jésus, crucifié pour nous sauver

    Quand Jésus fut crucifié, il fut certes condamné par des autorités politiques et religieuses qui refusaient le fait qu’Il était le Messie : ce qu’il était pourtant vraiment. Mais en venant volontairement mourir sur une croix, Jésus est venu accomplir les promesses que Dieu avait faites : Il vient payer le prix de nos fautes et de nos révoltes envers Dieu afin de nous gagner le pardon.

    Jésus est venu mourir comme un brigand, pour les brigands que nous sommes.

    Quelque soit le poids de tes fautes et de tes péchés, si tu confies ta vie à Jésus, tu seras réconcilié avec Dieu et tu vivras éternellement.  L’un des deux brigands crucifiés aux côtés de Jésus reconnut Jésus comme son Seigneur et Sauveur:

    il dit à Jésus: « Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.

    Jésus lui répondit: En vérité, je te le dis aujourd’hui , tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23:42-43)

     

    Charles Berger, mars 2018

     

     

    [1] Ainsi par exemple, la grande révolte dite de Spartacus, dans laquelle on vit les esclaves de la péninsule italienne se révolter, massacrer leurs anciens maîtres et piller leurs biens, se solda par la crucifixion de 6000 d’entre eux.

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  • Il a livré sa vie en échange de la sienne

    Il y a quelques heures, un horrible attentat a encore eu lieu dans notre pays. Là, c’est un petit supermarché de campagne qui en a été la cible.

    Nous pensons avec tristesse et compassion à ces personnes qui ont perdu la vie sans raison, ainsi qu’à tous leurs proches.

    Cet évènement tragique, comme les précédents, nous rappelle que derrière la routine des journées qui se ressemblent, la mort peut survenir n’importe quand. Ici ce fut le cas de paisibles clients et employés de supermarché qui vivaient leur quotidien. Quatre morts. Tout se passait comme d’habitude quand la vie s’est interrompue de façon brutale. Ces gens croyaient vivre en paix, en bonne entente avec tous leurs voisins, jusqu’à ce qu’ils découvrent avec horreur qu’ils avaient un ennemi mortel plein de haine prêt à tout pour les voir mourir.

    Mais cette fois-ci, les forces de la haine et de la violence aveugle n’ont pas eu le dernier mot. Sans-doute inspiré par ses convictions chrétiennes[1], un officier de gendarmerie a volontairement livré sa vie entre les mains du terroriste pour sauver celle d’une complète inconnue. Son geste héroïque a remporté une victoire. En surenchérissant dans le sacrifice, Arnaud Beltrame a privé son assassin de la gloire qu’il revendiquait.

    Son geste a démontré que le véritable héros n’est pas celui qui cherche la gloire et un paradis charnel en tuant des gens désarmés, mais celui qui, de façon désintéressée, donne sa vie pour les sauver.

    Cette femme en valait-elle le coup ? Méritait-elle qu’un officier dans la fleur de l’âge, fraichement marié, échange sa vie pour la sienne ?

    Sans doute pas. Ce qui est sûr c’est que si cette femme mesure à quel prix elle vit encore, sa vie ne sera jamais plus la même.

    Une guerre plus terrible encore, un échange encore plus grand

    Le geste héroïque et glorieux du lieutenant-colonel Beltrame est le reflet à sa façon d’un geste plus beau : celui d’un héros encore plus grand. Il s’agit de Jésus le Roi, le Créateur de l’univers, le Seigneur de gloire, livré à la croix en rançon pour la multitude.

    « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourait-il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:6-8)

    En effet, que vous le sachiez ou que vous l’ignoriez, vous êtes pourtant en pleine guerre : votre adversaire le diable[2] souhaite votre mort spirituelle. Satan s’est révolté contre Dieu, il a entraîné l’humanité avec lui. Sachez donc que vous êtes pris en otage. Satan le fait en vous conservant sous l’emprise de la mort et du péché auquel vous êtes asservi. Il vous tue par des mensonges en vous associant toujours plus dans sa rébellion contre Dieu et il vous mènera à votre perte. Perte inéluctable car le Royaume de Dieu s’est approché et le temps du jour du jugement vient où Dieu châtiera Satan et jugera les êtres célestes déchus et tous les humains, morts et vivants.

    Mais Dieu nous aime, et par amour Il est venu s’incarner afin de nous racheter en se livrant en rançon à la croix à la place de tous ceux qui croiront en Lui. C’est ce qu’expliqua Jésus lui-même :

    « C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon pour la multitude. » (Evangile selon Matthieu 20 :28)

    Vivre une vie transformée par l’amour reçu et la grâce

    Compte tenu de ce qu’il s’est passé, il serait juste que vie de cette femme change en bien pour toutes les années qui lui restent à vivre.

    Si la vie de cette femme ne peut rester la même, à combien plus forte raison l’héroïque geste d’abaissement de Dieu le Fils jusqu’à la mort sur la Croix doit amorcer un changement encore plus grand dans notre vie à chacun.

    Allons-nous continuer à l’ignorer, Lui qui s’est livré pour nous racheter à la croix ? Continuerons-nous à vivre selon l’esprit de rébellion de ce monde et selon nos propres désirs mauvais ? Continuerons-nous à vivre égoïstement focalisé sur nos petits désirs minables ou nous tournerons nous vers la source de l’Amour pour vivre pour Lui ? Dieu a promis que tous ceux qui engageront leur confiance et leur obéissance en Jésus-Christ seront sauvés[3]. Ceux qui croient en Jésus et se repentent de leur péché reçoivent alors le Saint-Esprit qui vient guérir leur cœur gangréné par le péché.

    Alors, le chrétien apprend à trouver sa joie et sa paix en Dieu, et par l’Esprit Saint il trouve plaisir à vivre pour Dieu et pour son prochain.

    « Nous avons connu l’Amour, en ce qu’Il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. » (1 Jean 3 :16)

    Ainsi, Dieu a révélé sa justice à venir mais aussi son amour présent envers chacun d’entre nous en voulant nous sauver de la colère qui vient sur ce monde déchu et pervers. Ainsi vous pourrez dire avec l’apôtre Paul :
    « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Galates 2 :20)

    Maintenant, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur.

     

    Charles Berger, Mars 2018

     

    [1] Jean 15 :12-13 : « C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

    [2] 1 Pierre 5 :8: « Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. »

    [3] Jean 3 :16 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle ».

     

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  • Par-delà multiculturalisme et nationalisme

     

    Nos sociétés, notre actualité et la scène politique occidentale sont aujourd’hui le terrain d’un affrontement entre deux courants idéologiques majeurs.

    Multiculturalisme et nationalisme

    D’un côté, nous avons l’idéal multiculturel, le projet d’une société où toutes les identités et cultures se mélangent et se fondent les unes dans les autres, dans une joyeuse tolérance. De l’autre côté, nous voyons réapparaître des courants fortement identitaires, parfois nationalistes, avec des risques de racisme, de haine et de violence. Aux États-Unis, c’est le phénomène Donald Trump, concentré dans le slogan «make America great again», porté par des classes populaires défavorisées et insécurisées. En face de lui, le monde des médias et des artistes, la majorité de ceux qui ont un diplôme universitaires, les citoyens «ouverts sur le monde». Le meilleur exemple de la position inverse est peut-être Justin Trudeau, premier ministre canadien, qui considère que le Canada n’a pas d’identité spécifique, et le voit comme le premier État post-national[1]. En France, ce sera plutôt l’opposition entre un Emmanuel Macron internationaliste et une Marine le Pen identitaire. Il y a dix ans le multiculturalisme semblait mener la course, mais avec le Brexit et les gouvernements à tendances nationalistes en Pologne, en Hongrie ou maintenant en Autriche, le combat est engagé, et l’on peut sérieusement se demander qui va l’emporter.

    Besoins d’unité et d’identité

    Il est temps maintenant de prendre du recul sur ces deux grands courants, et de comprendre quels besoins humains ils manifestent. Le rêve multiculturel découle d’un désir d’unité et d’harmonie dans l’humanité. On a conscience de tous faire partie d’un tout. L’humanité est divisée par toutes sortes de fractures et de tensions, et celles-ci ont causé leur lot de guerres, de souffrances et d’atrocités. Il y a une aspiration à dépasser ces fractures, à apaiser ces tensions et à trouver une unité et une paix mutuelle.

    Le courant de pensée dominant, proposé par les médias et les intellectuels pour répondre à ce désir est une forme de relativisme mettant l’accent sur la tolérance. Les identités et les convictions diverses sont relativisées, considérées comme de peu d’importance et de valeur égale. Le plus important est la tolérance, comprise comme le fait de ne pas mettre en cause les convictions des autres, dans le but d’éviter les tensions. Souvent, dans ce courant de pensée, être quelqu’un de tolérant et d’ouvert devient plus important que tout le reste de ce qu’on peut être ou penser.

    Ce relativisme a deux talons d’Achille qui le condamnent à l’échec. D’une part, le relativisme n’est pas équipé pour faire face à des convictions qui renient tout son idéal, et cela se révèle face à l’islam radical. Le relativisme doit défendre l’égale valeur de la conviction islamiste, tandis que celle-ci vomit la tolérance relativiste à l’occidentale. Ou alors, le courant relativiste doit écraser cette conviction qui s’oppose à lui, mais il se contredit lui-même en renonçant à la tolérance qui le définit. D’autre part, le relativisme tend à diluer voire dissoudre les identités. Mais il semble que l’être humain ait aussi besoin d’une identité définie sur laquelle s’appuyer, de convictions fermes qui valent la peine d’être défendues. Le retour de réflexes identitaires démontre de fait à quel point le relativisme échoue à répondre à ces besoins humains. Loin de moi de justifier le racisme ou la haine de l’autre, mais le besoin d’identité et d’ancrage dans le passé est présent dans le cœur de l’homme, et le nier conduit à des contre-réactions. Il y a des éléments excessifs et malsains dans ces réactions, mais aussi une base qu’il faut comprendre et reconnaître.

    Bien sûr, autant un fort relativisme conduit à renoncer à une identité définie, autant la réaffirmation des identités nationales, ethniques ou culturelles met à mal le rêve d’une humanité unifié. Mais alors comment répondre à ces deux aspirations?

    Le projet biblique

    En bref, il faut une unité qui ne soit pas le déni de toute identité, mais le fruit d’une identité commune qui dépasse les spécificités. La faiblesse du relativisme, c’est de proposer un nivellement par le bas, une unité qui gomme tout sentiment d’appartenance. En face de cela, le projet chrétien, le plan de Dieu manifesté en Jésus-Christ, c’est de réunir toute l’humanité dans une nouvelle identité. La Bible voit l’aboutissement de l’humanité dans «une foule immense […] de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue.[2]». Dieu est en train de rassembler un peuple issu de toutes les nations et de toutes les cultures. Ce peuple est rassemblé par une identité commune très forte : c’est celle d’être sauvés par la mort de Jésus-Christ, d’avoir Jésus comme Seigneur et de vivre selon son exemple. Ce projet demande de renoncer au rêve du « ni Dieu ni maître », et de reconnaître l’autorité du Dieu créateur et de Jésus. Ce peuple de Dieu, ce royaume de Dieu a des valeurs définies : l’amour du prochain, le pardon, la haine du mal, etc. Il ne tombe donc pas dans le piège d’une unité basée sur l’indéfinition. Le royaume de Dieu a des valeurs, et tous ceux qui veulent y entrer devront réévaluer leurs valeurs, leurs convictions et leurs cultures à l’aune du projet de Dieu. Ainsi, la haine, le mensonge, le mépris sont refusés à bon droit, même lorsqu’ils sembleraient naturels à l’une ou l’autre culture. Simultanément, une fois rectifiées par les valeurs du royaume, les différences culturelles, linguistiques etc… peuvent cohabiter harmonieusement, parce que l’amour chrétien et l’appartenance à Dieu surpassent ces différences.

    Mais deux questions au moins se posent. Ce projet est-il crédible? Et ce projet est-il un paradigme occidental que l’on chercherait à imposer à la planète entière?

    Un projet occidental ?

    Sur ce dernier point, il faut rappeler que le Christianisme n’est pas une religion spécifiquement européenne ou occidentale. Son berceau est la Judée, située au croisement de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique. Dans les premiers siècles, les messagers du Christ sont partis dans toutes les directions, et pendant bien des siècles les Eglises de Perse, d’Inde ou de Chine dépassaient en nombre les églises d’Occident. Les hasards de l’Histoire (notamment la conquête militaire musulmane, mais aussi la peste noire et les contrecoups des conquêtes mongoles) ont pendant un temps presque confiné le Christianisme à l’Europe, avant qu’il ne se répande à nouveau en toutes directions en partant de là. Mais les Églises Éthiopiennes, Coptes, Nestoriennes et les différents chrétiens d’Orient sont là pour nous rappeler que la foi chrétienne a touché, dès le début, tous les continents sans passer d’abord par l’Europe. Et le Christianisme aujourd’hui n’est plus principalement occidental. Le deuxième pays qui envoie le plus de missionnaires dans le monde (après les USA) est la Corée du Sud, et il y a probablement plus d’Africains qui viennent évangéliser l’Europe que l’inverse.

    Un projet crédible ?

    Quant à la crédibilité du projet, regardons où il en est. La foi chrétienne est maintenant présente dans pratiquement toutes les cultures du globe. Des chrétiens se retrouvent chaque semaine partout autour de la planète, ils louent Dieu chacun dans leur langue, ils ont des cultes incroyablement variés mais reconnaissent tous Jésus comme leur Seigneur. Ils prient les uns pour les autres, et les nouvelles des difficultés locales font le tour de la planète[3]. Si vous voulez faire partie d’une entité multiculturelle qui marche, essayez l’Église!

    Bien sûr, tout n’est pas rose; les chrétiens ont aussi leurs divisions et leurs tensions internes, et comme la foi en Jésus-Christ ne peut se recevoir que de manière volontaire, le projet n’avance pas plus vite que ce que les gens ne sont prêts à entrer dedans[4]. Je ne dis pas que les chrétiens sont des gens parfaits, qui font toujours bien leur travail, mais je dis que le plan de Dieu en Jésus-Christ est ce qui peut le mieux répondre au besoin d’une unité dans l’humanité, d’une multiculturalité bien vécue, d’une identité bien définie avec des valeurs fortes, belles et dignes.

     

     

    Jean-René Moret, pasteur à l’Église Évangélique de Cologny

     

     

    [1] Voir cet article: http://www.ledevoir.com/opinion/idees/474905/un-canada-postnational

    [2] Apocalypse de Jean, chapitre 7, verset 9

    [3] Un exemple parmi d’autres : l’organisation Portes Ouvertes, qui informe sur les persécutions subies par les chrétiens dans le monde entier.

    [4] Dans l’histoire, les chrétiens ont fait l’erreur de penser qu’ils pouvaient faire avancer ce projet en utilisant le pouvoir politique ou économique pour faire entrer les gens dedans. C’est une grave trahison de l’exemple de Jésus. De plus, cela conduit au mythe de nations ou de culture qui seraient chrétiennes par nature, et à la récupération de l’identité chrétienne au profit d’un nationalisme qui tombe dans le repli identitaire.

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  • La science a-t-elle éliminé Dieu ?

     

    Jean-René Moret (master en physique, en cours de doctorat dans le domaine de la théologie, pasteur à l’Église Évangélique de Cologny) répond à la question “La science a-t-elle éliminé Dieu” dans le cadre de la série de conférences Big Questions, en 2017 à Genève.

     

     

    En annexe, les Notes pdf et la présentation de la conférence.

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  • Qu’est ce qu’une vie réussie ?

    Comment réussir sa vie ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
    Le bonheur est-ce la jouissance et le plaisir ? Est-ce l’absence de souffrance ?

    Discussion entre Jean-Marie FREY, professeur de classes préparatoires aux Grandes Écoles. Il est titulaire d’une agrégation de philosophie et d’un D.E.A consacré à la pensée du bonheur dans la philosophie de J.-J. Rousseau, et Henri BLOCHER, docteur en théologie de la Faculté Libre de théologie Protestante de Paris, ainsi que Doctor of Divinity de Gordon-Conwell Theological Seminary aux Etats-Unis, Henri Blocher a enseigné dans de nombreux pays.

     

     

    Enregistrement réalisé lors du Forum Veritas de Clermont-Ferrand le 10 Janvier 2018.

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  • Jésus a-t-il réellement existé ?

     

     

    Liens vers les documents cités:

    Pline le Jeune, LETTRES DE PLINE X, XCVI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Tacite, ANNALES XV, XLIV, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Suétone, VIE DE CLAUDE, XXV, XI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Lucien de Samosate, SUR LA MORT DE PEREGRINUS, XI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Lucien de Samosate, SUR LA MORT DE PEREGRINUS, XIII, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Mara Bar Sérapion, MARA, FILS DE SERAPION, A SERPION MON FILS, SALUTATION, https://books.google.fr/books?id=V9XO…, aller p. 73 en bas de la page

    Flavius Josèphe, ANTIQUITES JUIVES, XVIII, IV, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Flavius Josèphe, ANTIQUITES JUIVES, XVIII, VIII, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

     

    Par Thomas Hodapp

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  • Un Dieu bien singulier : le seul à interdire les pratiques occultes

     

    Parler de l’occultisme et de magie aujourd’hui

    Peut-être que le concept de magie ne renvoie pour vous qu’au monde fantastique d’Harry Potter, mais pour beaucoup de gens dans le monde, la sorcellerie, les pratiques magiques ou occultes font partie de la vie quotidienne. Alors certes, dans une société rationnelle telle que la nôtre, il peut paraître dépassé de parler de magie et de pratiques magiques. Beaucoup de gens préfèrent croire que tout ça, c’est de la superstition sans effet.

    Pourtant parmi votre entourage, vous connaissez certainement des gens qui ont déjà essayé des pratiques telles que les horoscopes, la cartomancie, les sites de voyance, la roqya, le spiritisme, les visites chez des magnétiseurs et bien d’autres. Même si certaines de ces pratiques peuvent sembler anodines au premier coup d’œil, elles cachent pourtant des conséquences d’une extrême gravité.

    Exemples concrets

    Depuis deux ans, Julien, un garçon de quatorze ans était affecté d’une maladie mentale très dérangeante. Il est devenu dépressif et obsédé par la pureté. Il refusait de toucher tout objet touché par quelqu’un d’autre. Sa vie était devenue impossible. Ses parents (M. et Mme X.) ont tout essayé : ils ont consulté médecins et psychologues, mais ils n’ont rien pu faire. Ils demandent de l’aide aux responsables de l’église voisine. Les anciens de l’église demandèrent aux parents si leur fils avait touché à l’occultisme dans sa vie. Les parents se souviennent alors qu’un guérisseur « coupeur de feu » avait en effet soulagé la douleur d’une brulure bénigne en chuchotant des prières secrètes sur la plaie, c’était il y a un peu plus de deux ans, juste quelques semaines avant que les symptômes ne se déclarent. Après que les parents aient demandé pardon à Dieu pour avoir pactisé inconsciemment avec les forces du Mal, les responsables de l’église ont supplié le Seigneur, au nom de Jésus, que l’enfant soit délivré. Grâce à Dieu, sur l’heure il fut délivré de l’emprise du démon qui le tourmentait. Il a depuis complètement retrouvé la paix intérieure et est devenu un chrétien, un enfant de Dieu.

    Marie. H. était une femme facile à vivre et intelligente. Elle vivait avec son mari, avec lequel elle a eu deux enfants. Ils formaient un couple heureux et équilibré jusqu’à ce que – sans raison apparente – Marie qui était d’un caractère doux et aimant, se mette à devenir agressive, grossière et méchante, parfois dans sa colère, son ton de voix change. Elle commence à mener une vie sexuelle déréglée, et se désintéresse de ses enfants… Le mari, qui n’était pas croyant, trouve que sa femme est comme « possédée ». Le mari ne comprend pas jusqu’à ce qu’il se rend compte que ce changement coïncide parfaitement avec le moment où sa femme s’est mise à prendre des séances hebdomadaires chez un magnétiseur qui était aussi astrologue.

    Des conséquences graves

    On pourrait continuer comme ça très longtemps. Continuer avec d’autres témoignages qui évoquent les cauchemars, les malédictions intergénérationnelles, les maladies graves, les blocages spirituels, les agressions et les apparitions inquiétantes provoqués par des contacts avec l’occultisme et les pratiques magiques.
    Plus dramatique encore que les conséquences physiques et mentales, c’est l’esclavage spirituel qui résulte de ces pratiques. La magie peut se définir comme le fait de pratiquer des rites et des formules d’invocations visant à manipuler les « forces » spirituelles pour servir ses propres désirs, avec pour condition d’en payer le prix.

    Ainsi ces moyens surnaturels trouvent leur origine dans une soumission et un commerce – parfois inconscient du point de vue des personnes qui s’y adonnent – avec des démons. Car il ne s’agit jamais de simples forces impersonnelles. Ces forces agissantes sont démoniaques. Les anges déchus, au service de Satan, sont des entités qui sont très souvent prêtes à entrer en action lors des pratiques magiques : en échange de l’efficacité du rituel, ils s’arrogent des droits sur la vie des individus. Pour les démons, l’intérêt de répondre aux demandes magiques des êtres humains est assez simple : encourager les hommes à toujours davantage de puissance, et les rendre esclaves de pratiques qui détournent les hommes de Dieu, créant ainsi des liens qui peuvent conduire à des situations de possession réelle. (Voir notre autre article: Comment être libéré des forces spirituelles mauvaises ?)

    Le véritable problème, c’est que toute magie relève d’un acte de révolte contre Dieu. En effet, rechercher le pouvoir ou la connaissance en dehors de Lui, autrement que par les moyens naturels que Dieu nous a donné – à savoir l’intelligence humaine, la recherche médicale, la coopération humaine -, et donc par des moyens surnaturels hors de Dieu, revient à vouloir dépasser les limites humaines que Dieu notre Créateur nous a fixé, et à remettre en question l’ordre que Lui-même a établi.

    L’universalité des pratiques magiques

    L’histoire et l’anthropologie comparée des différents peuples nous révèlent que toutes les sociétés ont eu recours à plus ou moins grande échelle à des pratiques magiques. Dans l’Antiquité et dans toutes les religions non-bibliques, animistes ou polythéistes, les domaines de la magie et de la religion se confondent complètement. La magie était alors totalement banalisée et avait librement cours. A telle point que des pratiques telles qu’invoquer les esprits des morts, faire commerce avec des « dieux » et des esprits, porter des amulettes protectrices, consulter des voyants, jeter des sorts et des maléfices, toutes ces choses étaient – et sont encore dans certains pays – monnaies-courantes, acceptées et encouragées par les autorités religieuses de ces sociétés. La contrepartie étant que les gens vivent constamment dans la peur des maléfices, dans l’angoisse d’un mauvais tour joué par la multitude des entités spirituelles qu’il faut constamment soudoyer ou amadouer pour vivre aussi tranquille que possible. Et une chose est sure, c’est qu’à l’époque où la Bible a été écrite, toute l’humanité est alors soumise à la multiplicité des esprits et s’adonne à la magie.

    Toute l’humanité? Non ! Car dans l’Antiquité, à cause de son Dieu, une petite tribu monothéiste pas comme les autres résiste encore et toujours à l’usage normalisé et universel des pratiques magiques. Situés pourtant au carrefour de deux pôles majeurs de la Magie – à savoir l’Egypte et la Mésopotamie – les prophètes, les juges et les bons rois hébreux s’astreignent à combattre toutes les pratiques magiques, en raison du Dieu Yahvé qui le leur a formellement interdit en raison de l’alliance sainte qu’il a fait avec eux.

    Le Dieu de toutes les exceptions

    En effet, vers 1200 av. J-C, le petit peuple hébreu dit avoir reçu une Loi donnée par Yahvé[1], qui s’affirme Lui-même comme étant le seul véritable Dieu vivant et Créateur de l’univers – prétention que tous les dieux des autres peuples n’ont pas. Ce Dieu unique – annonce par ses prophètes à l’humanité qu’il a un plan. Ce plan, c’est d’agir d’une façon par laquelle il nous pardonnera nos péchés, nous sortira de  l’esclavage du Mal, et nous la délivrera de la Mort[2].
    (cf: voir notre article: Quelle solution face au Mal ?)

    Et voici que parmi les dispositions de cette loi, un certain nombre concerne les pratiques magiques… toutes les pratiques magiques :

    « Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu[3], personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les esprits des morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Eternel;
    et c’est à cause de ces abominations que l’Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. Tu seras entièrement à l’Eternel, ton Dieu. Car ces nations que tu chasseras écoutent les astrologues et les devins; mais à toi, l’Eternel, ton Dieu, ne le permet pas.
     » (Deutéronome 18 : 10-14)

     « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 19 :31)

    « Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple. Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis l’Eternel, votre Dieu. Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis l’Eternel, qui vous sanctifie. » (Lévitique 20 : 6-8)

    Ces lois paraissent extrêmement sévères, mais elles sont au niveau de l’offense et de l’horreur suscitée par les pratiques magiques dans le cœur de Dieu, car il s’agit vraiment d’une souillure spirituelle avec des esprits mauvais.

    Le Dieu anti-magie

    Dans ses commandements, Dieu dévoile quelque chose de très important, nul ne doit prétendre qu’on peut invoquer le Dieu Vivant pour une pratique magique. Toutes les autres entités spirituelles qui nous sont connues de l’Antiquité n’ont pas émis à notre connaissance de restriction à cet usage. Mais ici, le Dieu des hébreux se distingue en interdisant formellement tout blasphème commis contre Lui – à savoir un usage magique de Son Nom, par des magiciens en herbe qui croiraient pouvoir l’amadouer, le manipuler et le contrôler.

     « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » (Exode chapitre 20: versets 2-6)

    Le Dieu de la Bible, contrairement à toutes les entités spirituelles, rappelle constamment qu’il n’a pas besoin d’habiter un temple fait de main d’hommes, ni qu’il a besoin en soi de recevoir des offrandes de leur part. Yahvé affirme continuellement par-là que nul ne peut marchander avec Lui, car tout est à Lui.

     « Ainsi parle l’Eternel: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure?… »  (Ésaïe 66: versets 1-2)

     « Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries. Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers. Est-ce que je mange la chair des taureaux? Est-ce que je bois le sang des boucs? »  (Psaume 50:9-10-13)

    La magie des « dieux » des autres peuples

    Cela tranche avec l’attitude des dieux des peuples alentours, eux sont sensibles aux marchandages, aux menaces et aux flatteries. Dans l’antiquité, toutes les religions païennes sont fortement marquées par une dominante magique : le but de la religion est de se concilier les dieux afin d’instrumentaliser leur puissance en sa faveur.

    Par exemple à Babylone ou en Egypte on trouve de nombreux exemples comme celui-ci : ici un texte religieux égyptien qui dit :

    « Si les dieux n’accordent pas cette prière, les hommes feront la grève du culte ».

    Ce marchandage constant avec les « dieux » pouvait mener à des pratiques sacrifices humains pour obtenir davantage de faveurs. Ce caractère ambigu des « dieux » a fini par étonner des philosophes païens. Par exemple Platon s’étonne et s’offusque de ce que :

    « Comment donc par des évocations et des liens magiques, persuadent-ils les dieux à se mettre à leur service ? » (La République, 364B)

    En effet, si les dieux sont bien des dieux, comment se fait-il qu’on puisse si facilement les manipuler pour les faire agir dans notre sens et selon notre propre volonté ?

     

    Hommes démons seront jugées ensemble

     

    Mais le Dieu de la Bible n’a aucun mal à qualifier ces faux dieux pour ce qu’ils sont : des démons.

    « Ils l’ont irrité par des abominations : ils ont sacrifié à des démons qui ne sont point Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissaient pas » (Exode 32 : 16-17)

    En effet, le jour du jugement vient où Dieu va purifier la Création de tout le Mal qui l’a contaminé. A  cause de toutes les vies humaines que Dieu a voulu épargner et ramener à Lui, Il a été patient envers tous. Mais voilà, sa patience aura une fin :

    « Les dieux qui n’ont point fait les cieux et la terre disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. » (Jérémie 10:11)

    « Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour punir le diable et ses anges. » (Matthieu 25:41)

    Les démons vont recevoir le cumul de la colère de Dieu pour tous ces siècles de propagation du Mal.
    Le problème c’est que tous les êtres humains aussi se sont contaminés avec le Mal, tous ont fait allégeance d’une façon ou une autre aux ennemis de Dieu, et tous ont insulté le Dieu Vivant en pratiquant – ne serait-ce qu’une seule fois – le péché devant Sa face. Tous nous méritons de recevoir la grande colère de Dieu, pour avoir propagé le Mal et avoir offensé – chacun à notre mesure – le Dieu infiniment Saint et Juste.

    « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23)

    «  Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira […] la fureur de Dieu, […] la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. » (Apocalypse 14:9-11)

    Mais Dieu est venu pour nous sauver

    La Bonne Nouvelle – Evangile en grec, Injil dans l’arabe du Coran – était prophétisée depuis longtemps par les prophètes de Yahvé. Il ne s’agit rien de moins que de la venue du Dieu vivant Lui-même pour nous sauver de notre propre situation de péché et d’esclaves de Satan qui en résulte :

    « Annonce la Bonne Nouvelle; Élève avec force ta voix, Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle; Élève ta voix, ne crains point, Dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu! Voici, le Seigneur, l’Éternel vient avec puissance, Et de son bras il commande; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le précèdent. Comme un berger, il paîtra son troupeau, Il prendra les agneaux dans ses bras, Et les portera dans son sein; Il conduira les brebis qui allaitent. » (Esaïe 40:9-11 ; cf Jésus en Jean 10 :11[4])

     « Il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds et le boiteux sautera comme un cerf,» (Esaïe 35:4-5 : Jésus en Luc 7 :22[5])

    (cf: notre article, Jésus est-il vraiment Dieu ?)

    La Bible nous enseigne que Jésus est venu pour « détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3 :8)
    et pour nous accorder la vie éternelle et le pardon de nos offenses, en vivant la vie parfaite sans péché que nous devions accomplir devant Dieu, et en recevant sur Lui à la croix, la condamnation que nous aurions dû prendre.

    Tout cela, conformément au plan du Dieu Saint et Véritable, qui avait prophétisé d’avance :

    « Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l’Éternel? […] Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ». (Esaïe 53, v1, 4-5)

    Tout cela, afin d’assurer que tous les hommes qui veulent se tourner vers le Dieu Vivant pendant qu’il en est encore temps, délaissent les faux dieux et la magie pour courir vers son pardon total, offert gratuitement en Jésus-Christ.

     

     

     

     

    Décembre 2017, par Charles Berger

     

    ______________________

    [1]              Retranscription du tétragramme sacré, signifiant en hébreu quelque chose proche de « Je suis celui qui est », traduit dans beaucoup de versions de la Bible par « L’Eternel ».

    [2]              Ce plan se retrouve dès Genèse 3 :15, où Dieu prophétise à Satan – qualifié de serpent – sa défaite: « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: Celui-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon ». Né de la vierge Marie, Jésus est cette descendance qui fut blessé à la croix mais écrasa Satan qui est le serpent.

    [3]              Dans les religions païennes les sacrifices humains, y compris d’enfants, étaient un moyen d’échange pour obtenir des faveurs et de la puissance de la part des « dieux » et d’entités spirituelles. Le Dieu unique révèle que ces dieux ne sont pas des dieux mais des démons.

    [4] Jésus a dit : « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10 :11)

     

    [5] «  Et Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Luc 7 :22)

     

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  • Les religions orientales enseignent à renoncer au désir, mais est-ce sage ?

     

    L’Homme, face aux souffrances de la vie, peut connaître des crises : il perd son travail,  vit une séparation, la mort d’un être cher… Il peut également être pris d’un sentiment de lassitude, voir de vertige, face à l’agitation fébrile et inutile de notre société et aspirer à recentrer sa vie sur ce qui lui semble essentiel : des joies et des plaisirs simples, un style de vie plus décontracté, ainsi que davantage de solidarité et de lien à l’autre. L’éthique de Pierre Rabhi, de l’association « Terre et Humanisme », développée dans son livre « Vers la sobriété heureuse »[1], s’inscrit dans cette ligne de conduite, de même que les projets d’écovillages[2].

    Mais il n’y a là rien des neuf ! Les sagesses de l’Antiquité – celles de l’Orient et celle de la Bible – contiennent les mêmes valeurs de modération. Toutefois, leurs messages et leurs postures devant le désir et les plaisirs de la vie diffèrent. En effet, le bouddhisme propose à l’homme une solution face à la souffrance : ne pas s’attacher, désirer moins, aimer moins… pour souffrir moins. Mais ce n’est pas la voie du christianisme, comme le démontre un précédent article (Face à la souffrance, compassion bouddhiste ou amour chrétien).

    Les philosophies et religions orientales partagent avec la Bible un même constat sur le monde : « tout est vanité », ce qui signifie : tout passe, et toute vie et activité humaine est soumise au mal, à la soif de posséder, à la cupidité, à la jalousie, à l’injustice, à la méchanceté, et à l’orgueil. Mais si le livre de l’Ecclésiaste1, en particulier, semble à première vue d’un pessimisme sombre, au milieu des constats déchirants sur les limites humaines, percent les rais de lumière de la joie, don de Dieu à l’homme intègre au milieu de la fatigue des jours.

    Les philosophies hindoues et bouddhistes invitent également l’homme à renoncer au fruit de ses actions, au désir, et aux plaisirs de ce monde. Mais en est-il de même dans la Bible ? Oui et non ! La Bible célèbre les joies terrestres en une sorte d’ode à la vie, mais elle invite également à tempérer ces jouissances en les resituant dans leur rôle : rapprocher l’homme de sa mission : aimer l’autre, … et Dieu ! C’est ce que nous allons examiner dans le présent article.

     

    S’attacher, non à ce qui passe, mais à ce qui dure

    Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, ce qui signifie, en peu de mots : tout est passager comme une brume matinale qui se dissipe sous les chauds rayons du soleil du midi. L’activité de l’homme sur cette terre peine à remplir sa soif d’absolu, comme la mer n’est nullement remplie par les multiples fleuves qui viennent y épancher leurs eaux ![3]

    Tout comme les philosophies et les religions orientales, la Bible invite les hommes à ne pas s’attacher à ce qui passe, mais à se centrer sur les choses qui dureront pour toujours. Tout comme Saint Exupéry, qui nous dit dans le petit Prince, « l’essentiel est invisible pour les yeux », la Bible affirme : «Aussi nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont momentanées, et les invisibles sont éternelles. [4] » Laissons-nous questionner, toi qui me lis, et moi-même : qu’est-ce qui dure ? Les relations que nous avons construites, n’est-ce pas là ce qui dure vraiment ?

     

    Tout est soumis à l’injustice et à la souffrance ; mais agis quand-même !

    « Tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain »[5]. L’injustice est commune, « le pauvre est opprimé » et « la violation du droit et de la justice » ne doit pas étonner l’homme, car un homme de pouvoir couvre l’injustice de son subordonné et le pouvoir corrompt l’homme. Constat de l’Ecclésiaste[6], troublant d’actualité !

    La Bible, dans le recueil biblique de la Sagesse royale qu’est l’Ecclésiaste, nous parle de la dure réalité de la vie sous le soleil[7]. Elle partage donc avec le bouddhisme et l’hindouisme ce sentiment d’impuissance qui nous saisit, face au constat de l’injustice, face aux limites et souffrances qui nous accablent ici-bas, et à la faible durée de notre vie terrestre. Vie dont l’« agitation n’est que peine et misère, car cela passe vite, et nous nous envolons »[8]. Deviens sage en considérant tes limites face à la mort et à l’injustice, voilà ce à quoi nous invite la Sagesse biblique. De tels constats ne sont-ils pas utiles, en effet, pour remettre l’Homme à sa juste place devant la vie ?

    Et pourtant, dans ce même recueil, l’Homme est appelé à être actif, à « semer sa semence » ; à « manger avec joie son pain », à « boire gaiement son vin », et à « jouir de la vie avec la femme qu’il aime ». Mais le paradoxe entre les limites humaines et cet encouragement à l’activité n’est qu’apparent, et c’est même précisément là que réside la Sagesse biblique : dans ce principe de désillusion positive. L’Homme ne maîtrise pas le tout de son agir, et pourtant, il est appelé, non pas à retirer ses billes du jeu de l’existence, mais à agir quand même. C’est ce que martèle l’ecclésiaste : « tu ne sais pas », « tu ne connais point » ; « tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre », « tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons » ; mais sème quand-même ta semence, et « donne une part à sept et même à huit »[9].

     

    Renoncer au désir ? Le choix du Sage de l’Orient

    Dans la mythologie hindoue, l’histoire de Yayati nous enseigne comment un roi passe sa vie à être trompé par le désir. Après avoir été maudit et frappé de vieillesse par son beau-père, le magicien Kavi Uçanas, il a recours à la magie pour recouvrer sa jeunesse et la jouissance sexuelle. A la fin de sa vie, le roi Yayati considère son existence, et, pris d’un sentiment de vanité à l’égard des plaisirs, il se livre à d’amers constats, et renonce au surcroît de jeunesse qu’il avait obtenu par magie. Il découvre alors que le plaisir suprême repose dans le bienheureux, Bhagavat, qui est Vishnu[10] lui-même ; mais cette découverte n’a lieu qu’à la fin de son existence, et sa rencontre avec Vishnu, qui n’est qu’une entité immatérielle qui contient toutes les formes, est comme un anéantissement du Soi, ou plutôt, pour reprendre les termes de l’hindouisme, une disparition du Soi Individuel (âtman) par fusion dans le Soi Suprême (Brahman).

    Yayayati ainsi de s’exclamer :

    « 14. Non, jamais le désir ne se calme par la jouissance des objets qu’il recherche; le désir est comme le feu (sacrificiel), qui s’enflamme davantage, plus on y jette de beurre… 16. L’homme qui veut son salut doit renoncer sans retard à cette soif du désir, source de douleurs, dont les méchants ont tant de peine à se débarrasser, et qui ne vieillit pas avec la vieillesse… 19. C’est pourquoi je renoncerai à tout désir; et fixant mon esprit sur Brahma, affranchi des impressions opposées du plaisir et de la peine, exempt d’égoïsme, j’irai vivre avec les animaux des forêts. 20. Celui qui après avoir reconnu que les impressions reçues par la vue et par l’ouïe sont sans réalité, n’y songe pas plus qu’il ne s’y attache, et qui sait que le monde est la perte de l’âme, celui-là est un sage qui connaît L’Esprit »[11].

     

    Renoncer au plaisir ? La sagesse biblique, une invitation à la jouissance terrestre

    L’Ecclésiaste, nous livre également son verdict sur la vie sous le soleil : tout est vanité, passager, et insatisfaisant sur cette terre où l’homme, limité par la mort, souffre de l’injustice. Oui mais ! Oui mais l’auteur de l’Ecclésiaste engage son auditoire à « voir le bon côté de sa peine », à être généreux dans son action, à se réjouir du manger et du boire, et à jouir de la vie avec la femme qu’il aime ! On est loin du renoncement du Bouddha !

    Je cite l’Ecclésiaste :

    « 7 Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais. 8 Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête. 9 Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité; car c’est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil. »[12]

    La Bible lance donc à l’être humain un appel à se réjouir de ses œuvres. Et de même, le Dieu Créateur, appelant à l’existence ce qui n’est pas, par le pouvoir de sa Parole[13], « vit alors tout ce qu’il avait fait, et voici : c’était très bon »[14]. Le Dieu de la Bible contemplant ses œuvres, se réjouit et jubile !

    Ainsi, le sage selon la Bible et le sage de l’Inde ont des portraits opposés : Le sage selon l’hindouisme est celui qui cherche à échapper au cycle des réincarnations dans un monde de douleur, « qui sait que le monde est la perte de l’âme », et « que les impressions reçues par la vue et par l’ouïe sont sans réalité »[15], comme l’affirme le roi Yayati dans la fable. Mais le sage selon l’Ecclésiaste reconnaît que sa « part dans la vie », « sous le soleil », c’est de se réjouir en mangeant, en buvant et en travaillant, parce que c’est là un don de Dieu, et que « dès longtemps, Dieu lui-même prend plaisir à ce qu’il fait ». Quel contraste !

    Mais la Bible donne tout-de-même des limites à la jouissance humaine. Elle adresse à l’homme deux conseils : [16]« c’est devant l’Éternel, ton Dieu, que tu feras servir à ta joie tous les biens que tu posséderas », et [17]« souviens-toi de ton créateur ».

     

    Renoncer au désir ? Le Dieu de la Bible, rempli d’un désir amoureux pour sa créature

    Les philosophies hindoues et bouddhistes invitent l’homme à renoncer au fruit de ses actions, au désir, et aux plaisirs de ce monde. En est-il de même dans la Bible ? Oui et non ! La Bible célèbre les joies terrestres en une sorte d’ode à la vie. Et le désir, auquel le bouddhiste et l’hindou sont appelés à renoncer, est un trait de caractère du Dieu de la Bible. En effet, il est un Dieu épris d’un Amour pour l’Humanité. Et il désire, comme un époux est épris de son épouse, une relation exclusive avec l’Humanité qu’il sauve par Amour !

    Toutefois, la Bible invite le croyant à s’attacher, par piété, au donateur plus qu’au don. Un cantique chrétien dit : « Plus que l’eau vive, j’aime la source » ; et quand l’homme goûte combien Dieu est bon[18], il l’adore. Le mystère de l’adoration et la vertu de la louange, c’est, comme l’a si bien dit C.S. Lewis, que la joie de l’admiration, d’un paysage, par exemple, est décuplée quand elle est partagée. De même, un fiancé qui complimente sa compagne de ses qualités et de sa beauté, se réjouit d’une joie partagée. En Ésaïe 60. 4-5, nous lisons : « Car l’Éternel trouve son plaisir en toi, et ta terre sera épousée… comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi tu feras la joie de ton Dieu ». Oui, le Dieu de la Bible se réjouit de la relation avec l’humanité qu’il a créée, et désire s’attacher à elle, et vivre avec elle une relation faite d’Amour et de plaisir ! De même, la Bible lance à l’être humain un appel urgent : un appel à faire la joie de son Dieu et à se réjouir en Lui et devant Lui.

     

    Rencontrer le Grand Un dans le renoncement et la mort, ou rencontrer le Créateur personnel dans cette vie

    Malgré ces deux portraits du sage, opposés, antinomiques ; il existe quelques points de comparaison entre l’Ecclésiaste et la fable de Yayati. L’Ecclésiaste, comme le roi Yayati, rencontre Dieu. Mais Yayati rencontre le bienheureux Vishnu à la fin de ses jours ; alors que l’auteur de l’Ecclésiaste exhorte l’homme à se souvenir de son Créateur pendant sa jeunesse[19]. La Bible ne propose pas à l’homme de fusionner avec l’Univers divinisé après sa Mort, comme dans le monisme panthéiste hindou[20] ; mais elle invite l’homme à rencontrer son Créateur, un Dieu personnel et transcendant, au cœur de cette vie, au milieu des joies et des peines mêmes, pour vivre également avec lui l’éternité.

    « Plus que l’eau vive, j’aime la source ; plus que le don, j’aime le donateur »… Le christianisme ne nous enseigne pas à renoncer aux plaisirs terrestres. Il les remet simplement à leur juste place devant l’appel à aimer : l’autre… et Dieu ! La Bible apprend à l’homme à ne pas être idolâtre ; c’est-à-dire à ne pas aimer les plaisirs terrestres plus que Dieu. Mais comme le dit Jacques Ellul dans sa médiation de l’Ecclésiaste, « la raison d’être », lorsqu’il fait le portrait du sage : « les yeux ouverts, il voit Dieu en tout ».

    Non pas que, comme un panthéiste, le sage selon Dieu considère tout objet, tout être animé et inanimé comme une partie de Dieu. Non ! au contraire, comme le dit l’apôtre Paul, « quand on les considère dans ses ouvrages », « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu depuis la création du monde »[21]. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains »[22]. « Toutes ses œuvres le louent »[23] ! C’est lorsque l’on reconnaît, derrière le chef d’œuvre de la Création, son merveilleux auteur, qu’on peut vraiment l’apprécier ! C’est la même chose pour la « part » que Dieu attribue à l’homme dans la vie, pour ses dons. Chaque don du donateur nous révèle une nouvelle facette de sa Générosité, de sa Bonté, de son Amour, et de sa Beauté !

     

    Voir le donateur derrière le don et se réjouir en Lui

    Ainsi, c’est en se réjouissant devant Dieu des dons de la vie, avec reconnaissance, que l’homme loue Dieu, s’attache à Lui, et trouve en lui sa source de Joie. Et qu’est-ce que louer, si ce n’est remercier Dieu pour ce qu’il nous donne et pour qui il est, le Donateur, le « Père des lumières », de qui « tout don excellent et tout cadeau parfait »[24] nous vient !

    La Bible nous enseigne à nous attacher à Dieu, non pas comme un hindou dévot s’attache à Vishnu, le Grand Un, en fusionnant avec lui ; mais en rencontrant, en reconnaissant Celui qui est le « Tout-Autre », Celui qui est au-delà de la Création, au milieu même de la vie matérielle ! En toute situation, tu es appelé, en devenant chrétien, à goûter la joie dans la présence de ton Dieu, à « voir Dieu en Tout », et à « le reconnaître dans toutes tes voies »[25]. Et même si « tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout »[26], tu peux y participer, en étant, à sa suite, généreux comme Lui est généreux ; en « jetant ton pain à la face des eaux » ; en « donnant une part à sept et même à huit », en « semant ta semence dès le matin » et en « ne laissant pas reposer ta main le soir »[27] ; car celui qui met en pratique la Parole de Dieu sera « heureux dans son agir même »[28] !

    En d’autres termes, pour le chrétien, le monde matériel n’est pas un horizon d’illusion à dépasser pour atteindre l’éveil ; mais c’est dans ce monde matériel que nous pouvons rencontrer Dieu.

     

    Suivre l’exemple de Joie laissé par Jésus, le « Bon » Vivant

    D’ailleurs, Dieu le Fils, Jésus, est descendu dans un corps de chair pour vivre au milieux de nous. Il a renoncé à la gloire qu’il méritait pour transformer notre vie. Sur terre, il a été un bon vivant, mangeant et buvant avec les hommes. Il a même été traité de « mangeur et de buveur[29] » par les religieux de son époque.

    Et c’est dans la communion parfaite, dans l’Union avec Lui, Le Bon Vivant, le Fils de Dieu incarné… C’est en étant généreux, en buvant, en mangeant et en travaillant comme Lui… C’est en étant reconnaissants, en nous réjouissant devant Dieu, que nous feront la Joie du Père. Jésus est le modèle de La Vraie Sagesse, la Sagesse Incarnée, qui est présenté par le chapitre 8 des Proverbes bibliques comme étant « à l’œuvre auprès de Dieu », pendant la fondation du Monde, « faisait de jour en jour Ses délices, jouant devant lui tout le temps, jouant sur la surface de sa terre, et trouvant ses délices parmi les êtres humains »[30].

     

    Conclusion

    C’est donc bien sur cette Terre, et dans son activité et les plaisirs simples du manger, du boire, et dans la joie de l’Amour et de la relation, que l’homme peut trouver sa joie, et un sens à son existence. Et ce malgré les limites de la vie humaine, l’injustice, la mort, et la non-maîtrise. Mais, les yeux ouverts, le croyant voit Dieu en tout. Il se réjouit avec l’autre, il se réjouit devant Dieu, et il se réjouit en Dieu ; car Dieu prend plaisir à l’œuvre de ses créatures, et il se réjouit d’être liée à elles par une relation d’Amour. La Bible te laisse cet appel, à toi qui me lit : « comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi tu feras la joie de ton Dieu[31] ».

     

     

    Aurélien Bloch

    [1]              Rabhi Pierre, Vers la sobriété heureuse, Arles, Actes Sud, 2010.

    [2]              https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89covillage.

    [3]              Ecclésiaste 1.7.

    [4]              2 Corinthiens 4.18.

    [5]              Ecclésiaste 4.4.

    [6]              Ecclésiaste 5.8.

    [7]              Ecclésiaste 1.3 et 14.

    [8]              Psaume 90.10.

    [9]              Ecclésiaste 11.1-8.

    [10]             Vishnu est le Dieu suprême de l’hindouisme.

    [11]             Bhagavata Purana, livre IX, chapitre XIX.

    [12]             Ecclésiaste 9.7-9.

    [13]             Romains 4.17.

    [14]             Genèse 1.31.

    [15]             Bhagavata Purana, livre IX, chapitre XIX.

    [16]             Deutéronome 12.18.

    [17]             Ecclésiaste 12.1, 11.9.

    [18]             1 Pierre 2.3.

    [19]             Ecclésiaste 12.1.

    [20]             Monisme panthéiste : croyance dans le Grand Tout Divin, et dans le caractère illusoire des différences entre les êtres.

    [21]             Romains 1.20.

    [22]             Psaume 19.2.

    [23]             Psaume 145.10.

    [24]             Jacques 1.17.

    [25]             Proverbes 3.6.

    [26]             Ecclésiaste 11.5.

    [27]             Ecclésiaste 11. 1,2,6.

    [28]             Jacques 1.25.

    [29]             Matthieu 11.19.

    [30]             Proverbes 8.30-31.

    [31]             Ésaïe 60.5.

    [1]Je raccourcis parce que la même formule était utilisée plus haut

    1. Un livre de la Bible qui présente entre autre une réflexion sur la vie et le sens de l’existence.

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  • Dieu, une invention humaine?

     

     

    Par Thomas Hodapp

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  • Peut-on faire confiance aux traductions de la Bible ?

     

    Je parcourais les différents rayons de la bibliothèque. Les auteurs se succédaient, leurs livres défilaient sous mes yeux. Pas moyen de trouver la biographie pour laquelle j’étais venu. Je m’apprêtais donc à quitter la pièce, dépité, lorsqu’une vieille étagère attira mon attention. Là, gisant dans la poussière du temps, patientaient une dizaine de gros volumes. Tous portaient le même nom : La Bible. Pourtant, sous ce titre, chacun d’eux m’indiquait aussi une traduction différente : Louis Segond, Colombe, Darby, français fondamental, français courant, …

    Ce détail m’intrigua. Comment un livre sacré pouvait-il donc posséder autant de traductions ? Peut-on vraiment faire confiance à toutes ces traductions de la Bible ?

     

    Brève Histoire de la traduction biblique

    La Bible, à l’origine, fut principalement rédigée en hébreu ancien, bien qu’avec deux sections en araméen (dans l’Ancien Testament) et en grec koiné, langue alors parlée dans l’Empire romain du Ier siècle (Nouveau Testament). Très rapidement, elle fut l’objet de traductions : grec, latin, araméen,  syriaque, copte, arménien, arabe, …[1]

    La première Bible entièrement traduite en français date de 1487. Elle fut l’œuvre  de Jean de Rély. Depuis, une centaine d’autres versions ont été réalisées, notamment du XIXe au XXIe siècle, certaines des plus célèbres étant les Bibles de Jérusalem, de la Colombe, Louis Segond ou encore du Semeur.

     

    Quelques défis de la traduction 

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une traduction n’est jamais facile à réaliser. En effet, qu’elle soit d’un roman contemporain ou d’un manuscrit millénaire, plusieurs éléments la compliquent : les mots, les temps ou encore les images.[2]

    Premièrement, se pose la question du vocabulaire. Il est difficile, voire impossible, de traduire par un seul et même terme un mot étranger, d’autant plus s’il est issu d’une langue morte. Chaque langage, en effet, possède sa propre manière de partager l’ensemble de l’expérience humaine en mots. Autrement dit, il n’existe jamais de purs synonymes. A titre d’exemple, la « mer », en français, est une grande étendue d’eau salée qui recouvre une partie de la surface de la Terre (Mer Morte, Mer du Nord, Mer Noire). La « mer », dans un sens plus figuré, peut aussi représenter une vaste étendue (mer de nuage, mer de sang). Ce mot est souvent traduit en hébreu biblique par « Yam », terme qui désigne une étendue d’eau salée ou non, voire, plus bonnement, une étendue. « Yam » pourrait donc à la fois décrire une mer, un lac, un grand fleuve, une grande cuve, … Le cas contraire d’un mot français plus large qu’un mot hébreu est tout aussi vrai.

    Deuxièmement, apparaît la question grammaticale. La traduction peut, en effet, être compliquée par le temps des verbes. En français, on classe les verbes en temps passé, présent et futur. Or, en hébreu, un autre système est utilisé, les verbes étant placés selon deux catégories : l’accompli (qui désigne une action accomplie dans le passé, dans le présent ou qui sera accomplie dans le futur) et l’inaccompli (qui désigne une action inaccomplie dans le passé, dans le présent et dans le futur). Ainsi, la traduction en français d’un verbe à l’accompli dépendra du contexte dans lequel il est utilisé.

    Troisièmement, relevons la question de l’imaginaire et du contexte culturel. Les images diffèrent selon les langues et les cultures. Ainsi, un « roucoulement », son produit par la colombe, désigne en français le dialogue amoureux, alors qu’en hébreu, il signifie le gémissement et la plainte. Aussi, traduire en français « roucouler de douleur » n’aurait aucun sens.

    Il existe encore de multiples autres difficultés dans la traduction que le sens des mots, le temps de verbes ou les images : la structure de la phrase, le rythme de la langue, …

    Traduire un texte mot-à-mot n’aurait donc aucun sens pour nous. Il vaudrait mieux transcrire une phrase le plus fidèlement possible selon les mots, tout en s’adaptant au lecteur, qui ne connaît pas la culture et le langage originaux du texte, afin qu’il comprenne au mieux son sens original.

     

    Deux genres de traductions dans la Bible

    Il existe deux genres parmi les multiples traductions de la Bible : le genre littéral et le genre sémantique.[3][4]
    Le premier consiste à toujours transcrire un seul et même mot de la langue originale en un seul et même mot français. En guise d’illustration, le mot hébreu « Yam », même hors du contexte d’une mer d’eau salée, sera toujours traduit par le mot français « mer ». Ainsi, le lecteur aura plus de fil à retordre dans sa compréhension du texte. Je note aussi une perte dans le sens rythmique et poétique que l’auteur hébreu pouvait mettre à sa composition. Le but du genre littéral est de permettre au lecteur de retrouver dans le mot français le mot hébreu[5].

    Aux possibles dépends de la concordance des mots hébreux-français, la traduction sémantique préfère s’accorder le sens premier d’origine, voire son rythme s’il s’agit de poésie (psaumes, …). Sa vocation sera donc plutôt d’accorder une lecture plus compréhensible au lecteur.

     

    Pouvons-nous donc nous fier aux traductions de la Bible ?

    Il existe ainsi de nombreuses traductions, chacune d’elle s’inscrivant dans une gamme allant du plus littéral au moins littéral. Cependant, parce que c’est le but fondamental de toute traduction, le sens (ou, au moins, un des sens) désiré par l’auteur original demeure toujours. Par conséquent, tel ou tel terme traduit peut parfois sembler flou, mais jamais se contredire. Il peut, cependant, se compléter. Aussi, une traduction fidèle de la Bible, qu’elle soit littérale ou sémantique, retranscrira parfaitement son message fondamental.

    En effet, toutes ces traductions visent un seul et même but fondamental, celui de révéler au monde le Salut que Dieu nous accorde. L’Histoire révélée de ce Salut, c’est cette Bible, que l’on divise en deux parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament.

    L’Ancien Testament porte sur les questions de la perte du Salut par l’homme et du plan de Dieu pour le lui accorder de nouveau. L’Homme s’est rebellé contre le Dieu Créateur en violant son commandement et s’est ainsi séparé de lui, se condamnant ainsi à la mort. Cependant, ce Dieu bafoué a tant d’amour pour l’Homme qu’il a prévu un plan pour le sauver. L’Ancien Testament et ses histoires, c’est la mise en place de ce plan.

    Le Nouveau Testament est l’accomplissement final de ce plan. Conformément au plan et à la volonté de Dieu, Jésus-Christ, Homme et Dieu à la fois, innocent de tout rébellion contre Dieu (que l’on appelle péché), ayant accompli parfaitement la Loi de Dieu et celle des Hommes, est pourtant mort. Mais pourquoi ? Ce n’est pas possible ! C’est illogique ! C’est insensé ! Eh bien, non. Jésus-Christ est mort, pour que que tout être humain, coupable, puisse lui donner son péché et, ainsi, être acquitté. Jésus-Christ portera alors sa condamnation qu’est la mort. Aussi, puisque n’ayant plus à la subir, cet Homme retrouvera la condition première et la vie éternelle qu’il avait perdues.

    Voilà le plan de Dieu. Voilà la Bonne Nouvelle (du terme grec evangélion, évangile). Toutes les traductions de la Bible, littérales ou sémantiques, transmettent ce message fondamental qu’est l’Évangile.

     

    Conclusion :

    Ainsi, nous devons rester attentif aux différentes traductions et ne pas hésiter à les comparer entre elles. En effet, les positions littérale ou sémantique offrent toutes deux un parti pris, puisqu’elles font un choix dans leur traduction, et une partialité, puisqu’elles privilégient une compréhension à une autre. Cependant, ces écarts de traduction révèlent souvent les différents sens (non contradictoires) du texte original. Aussi, puisqu’il est bien difficile de comprendre parfaitement les langues originales de la Bible (hébreu, araméen, grec), il est intéressant de croiser plusieurs traductions, certaines littérales, d’autres sémantiques. Cela permet une meilleure compréhension du texte d’origine.

    Toutefois, nous pouvons accorder une grande confiance à la majorité des traductions bibliques. Bien qu’elles soient sujettes au parti pris et à la partialité, ces difficultés n’ont pu empêcher le message  divin d’être transmis fidèlement aux humains et l’enseignement fondamental de la Bible d’être apporté sans changement[6] : tout être humain, à la condition de céder à Jésus-Christ son péché et de le reconnaître comme étant son Sauveur et Seigneur, est acquitté et obtient la vie éternelle.

     

    Christian Cruchet, novembre 2017

     

     

    [1]Exemples connus :

    • la Septante (Grec, IInd siècle av. J.-C)
    • la Vetus Latina (ses traductions en latin, IInd siècle ap. J.-C)
    • la Vulgate (Latin, vers 390-405)
    • les Targoums (Araméen, traduction araméenne de l’Ancien Testament),

    [2]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre I – « Traduire »)

    [3]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre II – « Les versions en usage »)

    [4]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre III – « Les limites d’une traduction »)

    [5]Bien que certains le tentent, à l’instar d’André Chouraqi, une traduction parfaitement littérale est impossible à réaliser (comme présenté dans le point précédent : « Quelques défis de la traduction »).

    [6]http://larevuereformee.net/articlerr/n272/nos-traductions-bibliques-sont-elles-fiables : « Conclusion »

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Page mise à jour le 03/08/2017