Revue de Presse

Foi en Question (GBU)

Foi en questions

  • La science a-t-elle éliminé Dieu ?

     

    Jean-René Moret (master en physique, en cours de doctorat dans le domaine de la théologie) répond à la question “La science a-t-elle éliminé Dieu” dans le cadre de la série de conférences Big Questions, en 2017 à Genève.

     

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  • Qu’est ce qu’une vie réussie ?

    Comment réussir sa vie ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
    Le bonheur est-ce la jouissance et le plaisir ? Est-ce l’absence de souffrance ?

    Discussion entre Jean-Marie FREY, professeur de classes préparatoires aux Grandes Écoles. Il est titulaire d’une agrégation de philosophie et d’un D.E.A consacré à la pensée du bonheur dans la philosophie de J.-J. Rousseau, et Henri BLOCHER, docteur en théologie de la Faculté Libre de théologie Protestante de Paris, ainsi que Doctor of Divinity de Gordon-Conwell Theological Seminary aux Etats-Unis, Henri Blocher a enseigné dans de nombreux pays.

     

     

    Enregistrement réalisé lors du Forum Veritas de Clermont-Ferrand le 10 Janvier 2018.

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  • Jésus a-t-il réellement existé ?

     

     

    Liens vers les documents cités:

    Pline le Jeune, LETTRES DE PLINE X, XCVI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Tacite, ANNALES XV, XLIV, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Suétone, VIE DE CLAUDE, XXV, XI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Lucien de Samosate, SUR LA MORT DE PEREGRINUS, XI, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Lucien de Samosate, SUR LA MORT DE PEREGRINUS, XIII, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Mara Bar Sérapion, MARA, FILS DE SERAPION, A SERPION MON FILS, SALUTATION, https://books.google.fr/books?id=V9XO…, aller p. 73 en bas de la page

    Flavius Josèphe, ANTIQUITES JUIVES, XVIII, IV, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

    Flavius Josèphe, ANTIQUITES JUIVES, XVIII, VIII, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6…

     

    Par Thomas Hodapp

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  • Un Dieu comme aucun autre : l’interdiction de la magie

     

    Parler de la magie aujourd’hui

    Peut-être que le concept de magie ne renvoie pour vous qu’au monde fantastique d’Harry Potter, mais pour beaucoup de gens dans le monde, la sorcellerie, les pratiques magiques ou occultes font partie de la vie quotidienne. Alors certes, dans une société rationnelle telle que la nôtre, il peut paraître dépassé de parler de magie et de pratiques magiques. Beaucoup de gens préfèrent croire que tout ça, c’est de la superstition sans effet.

    Pourtant parmi votre entourage, vous connaissez certainement des gens qui ont déjà essayé des pratiques telles que les horoscopes, la cartomancie, les sites de voyance, la roqya, le spiritisme, les visites chez des magnétiseurs et bien d’autres. Même si certaines de ces pratiques peuvent sembler anodines au premier coup d’œil, elles cachent pourtant des conséquences d’une extrême gravité.

    Exemples concrets

    Depuis deux ans, Julien, un garçon de quatorze ans était affecté d’une maladie mentale très dérangeante. Il est devenu dépressif et obsédé par la pureté. Il refusait de toucher tout objet touché par quelqu’un d’autre. Sa vie était devenue impossible. Ses parents (M. et Mme X.) ont tout essayé : ils ont consulté médecins et psychologues, mais ils n’ont rien pu faire. Ils demandent de l’aide aux responsables de l’église voisine. Les anciens de l’église demandèrent aux parents si leur fils avait touché à l’occultisme dans sa vie. Les parents se souviennent alors qu’un guérisseur « coupeur de feu » avait en effet soulagé la douleur d’une brulure bénigne en chuchotant des prières secrètes sur la plaie, c’était il y a un peu plus de deux ans, juste quelques semaines avant que les symptômes ne se déclarent. Après que les parents aient demandé pardon à Dieu pour avoir pactisé inconsciemment avec les forces du Mal, les responsables de l’église ont supplié le Seigneur, au nom de Jésus, que l’enfant soit délivré. Grâce à Dieu, sur l’heure il fut délivré de l’emprise du démon qui le tourmentait. Il a depuis complètement retrouvé la paix intérieure et est devenu un chrétien, un enfant de Dieu.

    Marie. H. était une femme facile à vivre et intelligente. Elle vivait avec son mari, avec lequel elle a eu deux enfants. Ils formaient un couple heureux et équilibré jusqu’à ce que – sans raison apparente – Marie qui était d’un caractère doux et aimant, se mette à devenir agressive, grossière et méchante, parfois dans sa colère, son ton de voix change. Elle commence à mener une vie sexuelle déréglée, et se désintéresse de ses enfants… Le mari, qui n’était pas croyant, trouve que sa femme est comme « possédée ». Le mari ne comprend pas jusqu’à ce qu’il se rend compte que ce changement coïncide parfaitement avec le moment où sa femme s’est mise à prendre des séances hebdomadaires chez un magnétiseur qui était aussi astrologue.

     

    Des conséquences graves

    On pourrait continuer comme ça très longtemps. Continuer avec d’autres témoignages qui évoquent les cauchemars, les malédictions intergénérationnelles, les maladies graves, les blocages spirituels, les agressions et les apparitions inquiétantes provoqués par des contacts avec l’occultisme et les pratiques magiques.
    Plus dramatique encore que les conséquences physiques et mentales, c’est l’esclavage spirituel qui résulte de ces pratiques. La magie peut se définir comme le fait de pratiquer des rites et des formules d’invocations visant à manipuler les « forces » spirituelles pour servir ses propres désirs, avec pour condition d’en payer le prix.

    Ainsi ces moyens surnaturels trouvent leur origine dans une soumission et un commerce – parfois inconscient du point de vue des personnes qui s’y adonnent – avec des démons. Car il ne s’agit jamais de simples forces impersonnelles. Ces forces agissantes sont démoniaques. Les anges déchus, au service de Satan, sont des entités qui sont très souvent prêtes à entrer en action lors des pratiques magiques : en échange de l’efficacité du rituel, ils s’arrogent des droits sur la vie des individus. Pour les démons, l’intérêt de répondre aux demandes magiques des êtres humains est assez simple : encourager les hommes à toujours davantage de puissance, et les rendre esclaves de pratiques qui détournent les hommes de Dieu, créant ainsi des liens qui peuvent conduire à des situations de possession réelle. (Voir notre autre article: Comment être libéré des forces spirituelles mauvaises ?)

    Le véritable problème, c’est que toute magie relève d’un acte de révolte contre Dieu. En effet, rechercher le pouvoir ou la connaissance en dehors de Lui, autrement que par les moyens naturels que Dieu nous a donné – à savoir l’intelligence humaine, la recherche médicale, la coopération humaine -, et donc par des moyens surnaturels hors de Dieu, revient à vouloir dépasser les limites humaines que Dieu notre Créateur nous a fixé, et à remettre en question l’ordre que Lui-même a établi.

    L’universalité des pratiques magiques

    L’histoire et l’anthropologie comparée des différents peuples nous révèlent que toutes les sociétés ont eu recours à plus ou moins grande échelle à des pratiques magiques. Dans l’Antiquité et dans toutes les religions non-bibliques, animistes ou polythéistes, les domaines de la magie et de la religion se confondent complètement. La magie était alors totalement banalisée et avait librement cours. A telle point que des pratiques telles qu’invoquer les esprits des morts, faire commerce avec des « dieux » et des esprits, porter des amulettes protectrices, consulter des voyants, jeter des sorts et des maléfices, toutes ces choses étaient – et sont encore dans certains pays – monnaies-courantes, acceptées et encouragées par les autorités religieuses de ces sociétés. La contrepartie étant que les gens vivent constamment dans la peur des maléfices, dans l’angoisse d’un mauvais tour joué par la multitude des entités spirituelles qu’il faut constamment soudoyer ou amadouer pour vivre aussi tranquille que possible. Et une chose est sure, c’est qu’à l’époque où la Bible a été écrite, toute l’humanité est alors soumise à la multiplicité des esprits et s’adonne à la magie.

    Toute l’humanité? Non ! Car dans l’Antiquité, à cause de son Dieu, une petite tribu monothéiste pas comme les autres résiste encore et toujours à l’usage normalisé et universel des pratiques magiques. Situés pourtant au carrefour de deux pôles majeurs de la Magie – à savoir l’Egypte et la Mésopotamie – les prophètes, les juges et les bons rois hébreux s’astreignent à combattre toutes les pratiques magiques, en raison du Dieu Yahvé qui le leur a formellement interdit en raison de l’alliance sainte qu’il a fait avec eux.

    Le Dieu de toutes les exceptions

    En effet, vers 1200 av. J-C, le petit peuple hébreu dit avoir reçu une Loi donnée par Yahvé[1], qui s’affirme Lui-même comme étant le seul véritable Dieu vivant et Créateur de l’univers – prétention que tous les dieux des autres peuples n’ont pas. Ce Dieu unique – annonce par ses prophètes à l’humanité qu’il a un plan. Ce plan, c’est d’agir d’une façon par laquelle il nous pardonnera nos péchés, nous sortira de  l’esclavage du Mal, et nous la délivrera de la Mort[2].
    (cf: voir notre article: Quelle solution face au Mal ?)

    Et voici que parmi les dispositions de cette loi, un certain nombre concerne les pratiques magiques… toutes les pratiques magiques :

    « Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu[3], personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les esprits des morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Eternel;
    et c’est à cause de ces abominations que l’Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. Tu seras entièrement à l’Eternel, ton Dieu. Car ces nations que tu chasseras écoutent les astrologues et les devins; mais à toi, l’Eternel, ton Dieu, ne le permet pas.
     » (Deutéronome 18 : 10-14)

     « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 19 :31)

    « Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple. Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis l’Eternel, votre Dieu. Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis l’Eternel, qui vous sanctifie. » (Lévitique 20 : 6-8)

    Ces lois paraissent extrêmement sévères, mais elles sont au niveau de l’offense et de l’horreur suscitée par les pratiques magiques dans le cœur de Dieu, car il s’agit vraiment d’une souillure spirituelle avec des esprits mauvais.

    Le Dieu anti-magie

    Dans ses commandements, Dieu dévoile quelque chose de très important, nul ne doit prétendre qu’on peut invoquer le Dieu Vivant pour une pratique magique. Toutes les autres entités spirituelles qui nous sont connues de l’Antiquité n’ont pas émis à notre connaissance de restriction à cet usage. Mais ici, le Dieu des hébreux se distingue en interdisant formellement tout blasphème commis contre Lui – à savoir un usage magique de Son Nom, par des magiciens en herbe qui croiraient pouvoir l’amadouer, le manipuler et le contrôler.

     « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » (Exode chapitre 20: versets 2-6)

    Le Dieu de la Bible, contrairement à toutes les entités spirituelles, rappelle constamment qu’il n’a pas besoin d’habiter un temple fait de main d’hommes, ni qu’il a besoin en soi de recevoir des offrandes de leur part. Yahvé affirme continuellement par-là que nul ne peut marchander avec Lui, car tout est à Lui.

     « Ainsi parle l’Eternel: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure?… »  (Ésaïe 66: versets 1-2)

     « Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries. Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers. Est-ce que je mange la chair des taureaux? Est-ce que je bois le sang des boucs? »  (Psaume 50:9-10-13)

    La magie des « dieux » des autres peuples

    Cela tranche avec l’attitude des dieux des peuples alentours, eux sont sensibles aux marchandages, aux menaces et aux flatteries. Dans l’antiquité, toutes les religions païennes sont fortement marquées par une dominante magique : le but de la religion est de se concilier les dieux afin d’instrumentaliser leur puissance en sa faveur.

    Par exemple à Babylone ou en Egypte on trouve de nombreux exemples comme celui-ci : ici un texte religieux égyptien qui dit :

    « Si les dieux n’accordent pas cette prière, les hommes feront la grève du culte ».

    Ce marchandage constant avec les « dieux » pouvait mener à des pratiques sacrifices humains pour obtenir davantage de faveurs. Ce caractère ambigu des « dieux » a fini par étonner des philosophes païens. Par exemple Platon s’étonne et s’offusque de ce que :

    « Comment donc par des évocations et des liens magiques, persuadent-ils les dieux à se mettre à leur service ? » (La République, 364B)

    En effet, si les dieux sont bien des dieux, comment se fait-il qu’on puisse si facilement les manipuler pour les faire agir dans notre sens et selon notre propre volonté ?

     

    Hommes démons seront jugées ensemble

     

    Mais le Dieu de la Bible n’a aucun mal à qualifier ces faux dieux pour ce qu’ils sont : des démons.

    « Ils l’ont irrité par des abominations : ils ont sacrifié à des démons qui ne sont point Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissaient pas » (Exode 32 : 16-17)

    En effet, le jour du jugement vient où Dieu va purifier la Création de tout le Mal qui l’a contaminé. A  cause de toutes les vies humaines que Dieu a voulu épargner et ramener à Lui, Il a été patient envers tous. Mais voilà, sa patience aura une fin :

    « Les dieux qui n’ont point fait les cieux et la terre disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. » (Jérémie 10:11)

    « Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour punir le diable et ses anges. » (Matthieu 25:41)

    Les démons vont recevoir le cumul de la colère de Dieu pour tous ces siècles de propagation du Mal.
    Le problème c’est que tous les êtres humains aussi se sont contaminés avec le Mal, tous ont fait allégeance d’une façon ou une autre aux ennemis de Dieu, et tous ont insulté le Dieu Vivant en pratiquant – ne serait-ce qu’une seule fois – le péché devant Sa face. Tous nous méritons de recevoir la grande colère de Dieu, pour avoir propagé le Mal et avoir offensé – chacun à notre mesure – le Dieu infiniment Saint et Juste.

    « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23)

    «  Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira […] la fureur de Dieu, […] la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. » (Apocalypse 14:9-11)

    Mais Dieu est venu pour nous sauver

    La Bonne Nouvelle – Evangile en grec, Injil dans l’arabe du Coran – était prophétisée depuis longtemps par les prophètes de Yahvé. Il ne s’agit rien de moins que de la venue du Dieu vivant Lui-même pour nous sauver de notre propre situation de péché et d’esclaves de Satan qui en résulte :

    « Annonce la Bonne Nouvelle; Élève avec force ta voix, Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle; Élève ta voix, ne crains point, Dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu! Voici, le Seigneur, l’Éternel vient avec puissance, Et de son bras il commande; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le précèdent. Comme un berger, il paîtra son troupeau, Il prendra les agneaux dans ses bras, Et les portera dans son sein; Il conduira les brebis qui allaitent. » (Esaïe 40:9-11 ; cf Jésus en Jean 10 :11[4])

     « Il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds et le boiteux sautera comme un cerf,» (Esaïe 35:4-5 : Jésus en Luc 7 :22[5])

    (cf: notre article, Jésus est-il vraiment Dieu ?)

    La Bible nous enseigne que Jésus est venu pour « détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3 :8)
    et pour nous accorder la vie éternelle et le pardon de nos offenses, en vivant la vie parfaite sans péché que nous devions accomplir devant Dieu, et en recevant sur Lui à la croix, la condamnation que nous aurions dû prendre.

    Tout cela, conformément au plan du Dieu Saint et Véritable, qui avait prophétisé d’avance :

    « Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l’Éternel? […] Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ». (Esaïe 53, v1, 4-5)

    Tout cela, afin d’assurer que tous les hommes qui veulent se tourner vers le Dieu Vivant pendant qu’il en est encore temps, délaissent les faux dieux et la magie pour courir vers son pardon total, offert gratuitement en Jésus-Christ.

     

     

     

     

    Décembre 2017, par Charles Berger

     

    ______________________

    [1]              Retranscription du tétragramme sacré, signifiant en hébreu quelque chose proche de « Je suis celui qui est », traduit dans beaucoup de versions de la Bible par « L’Eternel ».

    [2]              Ce plan se retrouve dès Genèse 3 :15, où Dieu prophétise à Satan – qualifié de serpent – sa défaite: « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance: Celui-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon ». Né de la vierge Marie, Jésus est cette descendance qui fut blessé à la croix mais écrasa Satan qui est le serpent.

    [3]              Dans les religions païennes les sacrifices humains, y compris d’enfants, étaient un moyen d’échange pour obtenir des faveurs et de la puissance de la part des « dieux » et d’entités spirituelles. Le Dieu unique révèle que ces dieux ne sont pas des dieux mais des démons.

    [4] Jésus a dit : « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10 :11)

     

    [5] «  Et Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Luc 7 :22)

     

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  • Les religions orientales enseignent à renoncer au désir, mais est-ce sage ?

     

    L’Homme, face aux souffrances de la vie, peut connaître des crises : il perd son travail,  vit une séparation, la mort d’un être cher… Il peut également être pris d’un sentiment de lassitude, voir de vertige, face à l’agitation fébrile et inutile de notre société et aspirer à recentrer sa vie sur ce qui lui semble essentiel : des joies et des plaisirs simples, un style de vie plus décontracté, ainsi que davantage de solidarité et de lien à l’autre. L’éthique de Pierre Rabhi, de l’association « Terre et Humanisme », développée dans son livre « Vers la sobriété heureuse »[1], s’inscrit dans cette ligne de conduite, de même que les projets d’écovillages[2].

    Mais il n’y a là rien des neuf ! Les sagesses de l’Antiquité – celles de l’Orient et celle de la Bible – contiennent les mêmes valeurs de modération. Toutefois, leurs messages et leurs postures devant le désir et les plaisirs de la vie diffèrent. En effet, le bouddhisme propose à l’homme une solution face à la souffrance : ne pas s’attacher, désirer moins, aimer moins… pour souffrir moins. Mais ce n’est pas la voie du christianisme, comme le démontre un précédent article (Face à la souffrance, compassion bouddhiste ou amour chrétien).

    Les philosophies et religions orientales partagent avec la Bible un même constat sur le monde : « tout est vanité », ce qui signifie : tout passe, et toute vie et activité humaine est soumise au mal, à la soif de posséder, à la cupidité, à la jalousie, à l’injustice, à la méchanceté, et à l’orgueil. Mais si le livre de l’Ecclésiaste1, en particulier, semble à première vue d’un pessimisme sombre, au milieu des constats déchirants sur les limites humaines, percent les rais de lumière de la joie, don de Dieu à l’homme intègre au milieu de la fatigue des jours.

    Les philosophies hindoues et bouddhistes invitent également l’homme à renoncer au fruit de ses actions, au désir, et aux plaisirs de ce monde. Mais en est-il de même dans la Bible ? Oui et non ! La Bible célèbre les joies terrestres en une sorte d’ode à la vie, mais elle invite également à tempérer ces jouissances en les resituant dans leur rôle : rapprocher l’homme de sa mission : aimer l’autre, … et Dieu ! C’est ce que nous allons examiner dans le présent article.

     

    S’attacher, non à ce qui passe, mais à ce qui dure

    Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, ce qui signifie, en peu de mots : tout est passager comme une brume matinale qui se dissipe sous les chauds rayons du soleil du midi. L’activité de l’homme sur cette terre peine à remplir sa soif d’absolu, comme la mer n’est nullement remplie par les multiples fleuves qui viennent y épancher leurs eaux ![3]

    Tout comme les philosophies et les religions orientales, la Bible invite les hommes à ne pas s’attacher à ce qui passe, mais à se centrer sur les choses qui dureront pour toujours. Tout comme Saint Exupéry, qui nous dit dans le petit Prince, « l’essentiel est invisible pour les yeux », la Bible affirme : «Aussi nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont momentanées, et les invisibles sont éternelles. [4] » Laissons-nous questionner, toi qui me lis, et moi-même : qu’est-ce qui dure ? Les relations que nous avons construites, n’est-ce pas là ce qui dure vraiment ?

     

    Tout est soumis à l’injustice et à la souffrance ; mais agis quand-même !

    « Tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain »[5]. L’injustice est commune, « le pauvre est opprimé » et « la violation du droit et de la justice » ne doit pas étonner l’homme, car un homme de pouvoir couvre l’injustice de son subordonné et le pouvoir corrompt l’homme. Constat de l’Ecclésiaste[6], troublant d’actualité !

    La Bible, dans le recueil biblique de la Sagesse royale qu’est l’Ecclésiaste, nous parle de la dure réalité de la vie sous le soleil[7]. Elle partage donc avec le bouddhisme et l’hindouisme ce sentiment d’impuissance qui nous saisit, face au constat de l’injustice, face aux limites et souffrances qui nous accablent ici-bas, et à la faible durée de notre vie terrestre. Vie dont l’« agitation n’est que peine et misère, car cela passe vite, et nous nous envolons »[8]. Deviens sage en considérant tes limites face à la mort et à l’injustice, voilà ce à quoi nous invite la Sagesse biblique. De tels constats ne sont-ils pas utiles, en effet, pour remettre l’Homme à sa juste place devant la vie ?

    Et pourtant, dans ce même recueil, l’Homme est appelé à être actif, à « semer sa semence » ; à « manger avec joie son pain », à « boire gaiement son vin », et à « jouir de la vie avec la femme qu’il aime ». Mais le paradoxe entre les limites humaines et cet encouragement à l’activité n’est qu’apparent, et c’est même précisément là que réside la Sagesse biblique : dans ce principe de désillusion positive. L’Homme ne maîtrise pas le tout de son agir, et pourtant, il est appelé, non pas à retirer ses billes du jeu de l’existence, mais à agir quand même. C’est ce que martèle l’ecclésiaste : « tu ne sais pas », « tu ne connais point » ; « tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre », « tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons » ; mais sème quand-même ta semence, et « donne une part à sept et même à huit »[9].

     

    Renoncer au désir ? Le choix du Sage de l’Orient

    Dans la mythologie hindoue, l’histoire de Yayati nous enseigne comment un roi passe sa vie à être trompé par le désir. Après avoir été maudit et frappé de vieillesse par son beau-père, le magicien Kavi Uçanas, il a recours à la magie pour recouvrer sa jeunesse et la jouissance sexuelle. A la fin de sa vie, le roi Yayati considère son existence, et, pris d’un sentiment de vanité à l’égard des plaisirs, il se livre à d’amers constats, et renonce au surcroît de jeunesse qu’il avait obtenu par magie. Il découvre alors que le plaisir suprême repose dans le bienheureux, Bhagavat, qui est Vishnu[10] lui-même ; mais cette découverte n’a lieu qu’à la fin de son existence, et sa rencontre avec Vishnu, qui n’est qu’une entité immatérielle qui contient toutes les formes, est comme un anéantissement du Soi, ou plutôt, pour reprendre les termes de l’hindouisme, une disparition du Soi Individuel (âtman) par fusion dans le Soi Suprême (Brahman).

    Yayayati ainsi de s’exclamer :

    « 14. Non, jamais le désir ne se calme par la jouissance des objets qu’il recherche; le désir est comme le feu (sacrificiel), qui s’enflamme davantage, plus on y jette de beurre… 16. L’homme qui veut son salut doit renoncer sans retard à cette soif du désir, source de douleurs, dont les méchants ont tant de peine à se débarrasser, et qui ne vieillit pas avec la vieillesse… 19. C’est pourquoi je renoncerai à tout désir; et fixant mon esprit sur Brahma, affranchi des impressions opposées du plaisir et de la peine, exempt d’égoïsme, j’irai vivre avec les animaux des forêts. 20. Celui qui après avoir reconnu que les impressions reçues par la vue et par l’ouïe sont sans réalité, n’y songe pas plus qu’il ne s’y attache, et qui sait que le monde est la perte de l’âme, celui-là est un sage qui connaît L’Esprit »[11].

     

    Renoncer au plaisir ? La sagesse biblique, une invitation à la jouissance terrestre

    L’Ecclésiaste, nous livre également son verdict sur la vie sous le soleil : tout est vanité, passager, et insatisfaisant sur cette terre où l’homme, limité par la mort, souffre de l’injustice. Oui mais ! Oui mais l’auteur de l’Ecclésiaste engage son auditoire à « voir le bon côté de sa peine », à être généreux dans son action, à se réjouir du manger et du boire, et à jouir de la vie avec la femme qu’il aime ! On est loin du renoncement du Bouddha !

    Je cite l’Ecclésiaste :

    « 7 Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais. 8 Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête. 9 Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité; car c’est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil. »[12]

    La Bible lance donc à l’être humain un appel à se réjouir de ses œuvres. Et de même, le Dieu Créateur, appelant à l’existence ce qui n’est pas, par le pouvoir de sa Parole[13], « vit alors tout ce qu’il avait fait, et voici : c’était très bon »[14]. Le Dieu de la Bible contemplant ses œuvres, se réjouit et jubile !

    Ainsi, le sage selon la Bible et le sage de l’Inde ont des portraits opposés : Le sage selon l’hindouisme est celui qui cherche à échapper au cycle des réincarnations dans un monde de douleur, « qui sait que le monde est la perte de l’âme », et « que les impressions reçues par la vue et par l’ouïe sont sans réalité »[15], comme l’affirme le roi Yayati dans la fable. Mais le sage selon l’Ecclésiaste reconnaît que sa « part dans la vie », « sous le soleil », c’est de se réjouir en mangeant, en buvant et en travaillant, parce que c’est là un don de Dieu, et que « dès longtemps, Dieu lui-même prend plaisir à ce qu’il fait ». Quel contraste !

    Mais la Bible donne tout-de-même des limites à la jouissance humaine. Elle adresse à l’homme deux conseils : [16]« c’est devant l’Éternel, ton Dieu, que tu feras servir à ta joie tous les biens que tu posséderas », et [17]« souviens-toi de ton créateur ».

     

    Renoncer au désir ? Le Dieu de la Bible, rempli d’un désir amoureux pour sa créature

    Les philosophies hindoues et bouddhistes invitent l’homme à renoncer au fruit de ses actions, au désir, et aux plaisirs de ce monde. En est-il de même dans la Bible ? Oui et non ! La Bible célèbre les joies terrestres en une sorte d’ode à la vie. Et le désir, auquel le bouddhiste et l’hindou sont appelés à renoncer, est un trait de caractère du Dieu de la Bible. En effet, il est un Dieu épris d’un Amour pour l’Humanité. Et il désire, comme un époux est épris de son épouse, une relation exclusive avec l’Humanité qu’il sauve par Amour !

    Toutefois, la Bible invite le croyant à s’attacher, par piété, au donateur plus qu’au don. Un cantique chrétien dit : « Plus que l’eau vive, j’aime la source » ; et quand l’homme goûte combien Dieu est bon[18], il l’adore. Le mystère de l’adoration et la vertu de la louange, c’est, comme l’a si bien dit C.S. Lewis, que la joie de l’admiration, d’un paysage, par exemple, est décuplée quand elle est partagée. De même, un fiancé qui complimente sa compagne de ses qualités et de sa beauté, se réjouit d’une joie partagée. En Ésaïe 60. 4-5, nous lisons : « Car l’Éternel trouve son plaisir en toi, et ta terre sera épousée… comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi tu feras la joie de ton Dieu ». Oui, le Dieu de la Bible se réjouit de la relation avec l’humanité qu’il a créée, et désire s’attacher à elle, et vivre avec elle une relation faite d’Amour et de plaisir ! De même, la Bible lance à l’être humain un appel urgent : un appel à faire la joie de son Dieu et à se réjouir en Lui et devant Lui.

     

    Rencontrer le Grand Un dans le renoncement et la mort, ou rencontrer le Créateur personnel dans cette vie

    Malgré ces deux portraits du sage, opposés, antinomiques ; il existe quelques points de comparaison entre l’Ecclésiaste et la fable de Yayati. L’Ecclésiaste, comme le roi Yayati, rencontre Dieu. Mais Yayati rencontre le bienheureux Vishnu à la fin de ses jours ; alors que l’auteur de l’Ecclésiaste exhorte l’homme à se souvenir de son Créateur pendant sa jeunesse[19]. La Bible ne propose pas à l’homme de fusionner avec l’Univers divinisé après sa Mort, comme dans le monisme panthéiste hindou[20] ; mais elle invite l’homme à rencontrer son Créateur, un Dieu personnel et transcendant, au cœur de cette vie, au milieu des joies et des peines mêmes, pour vivre également avec lui l’éternité.

    « Plus que l’eau vive, j’aime la source ; plus que le don, j’aime le donateur »… Le christianisme ne nous enseigne pas à renoncer aux plaisirs terrestres. Il les remet simplement à leur juste place devant l’appel à aimer : l’autre… et Dieu ! La Bible apprend à l’homme à ne pas être idolâtre ; c’est-à-dire à ne pas aimer les plaisirs terrestres plus que Dieu. Mais comme le dit Jacques Ellul dans sa médiation de l’Ecclésiaste, « la raison d’être », lorsqu’il fait le portrait du sage : « les yeux ouverts, il voit Dieu en tout ».

    Non pas que, comme un panthéiste, le sage selon Dieu considère tout objet, tout être animé et inanimé comme une partie de Dieu. Non ! au contraire, comme le dit l’apôtre Paul, « quand on les considère dans ses ouvrages », « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu depuis la création du monde »[21]. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains »[22]. « Toutes ses œuvres le louent »[23] ! C’est lorsque l’on reconnaît, derrière le chef d’œuvre de la Création, son merveilleux auteur, qu’on peut vraiment l’apprécier ! C’est la même chose pour la « part » que Dieu attribue à l’homme dans la vie, pour ses dons. Chaque don du donateur nous révèle une nouvelle facette de sa Générosité, de sa Bonté, de son Amour, et de sa Beauté !

     

    Voir le donateur derrière le don et se réjouir en Lui

    Ainsi, c’est en se réjouissant devant Dieu des dons de la vie, avec reconnaissance, que l’homme loue Dieu, s’attache à Lui, et trouve en lui sa source de Joie. Et qu’est-ce que louer, si ce n’est remercier Dieu pour ce qu’il nous donne et pour qui il est, le Donateur, le « Père des lumières », de qui « tout don excellent et tout cadeau parfait »[24] nous vient !

    La Bible nous enseigne à nous attacher à Dieu, non pas comme un hindou dévot s’attache à Vishnu, le Grand Un, en fusionnant avec lui ; mais en rencontrant, en reconnaissant Celui qui est le « Tout-Autre », Celui qui est au-delà de la Création, au milieu même de la vie matérielle ! En toute situation, tu es appelé, en devenant chrétien, à goûter la joie dans la présence de ton Dieu, à « voir Dieu en Tout », et à « le reconnaître dans toutes tes voies »[25]. Et même si « tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout »[26], tu peux y participer, en étant, à sa suite, généreux comme Lui est généreux ; en « jetant ton pain à la face des eaux » ; en « donnant une part à sept et même à huit », en « semant ta semence dès le matin » et en « ne laissant pas reposer ta main le soir »[27] ; car celui qui met en pratique la Parole de Dieu sera « heureux dans son agir même »[28] !

    En d’autres termes, pour le chrétien, le monde matériel n’est pas un horizon d’illusion à dépasser pour atteindre l’éveil ; mais c’est dans ce monde matériel que nous pouvons rencontrer Dieu.

     

    Suivre l’exemple de Joie laissé par Jésus, le « Bon » Vivant

    D’ailleurs, Dieu le Fils, Jésus, est descendu dans un corps de chair pour vivre au milieux de nous. Il a renoncé à la gloire qu’il méritait pour transformer notre vie. Sur terre, il a été un bon vivant, mangeant et buvant avec les hommes. Il a même été traité de « mangeur et de buveur[29] » par les religieux de son époque.

    Et c’est dans la communion parfaite, dans l’Union avec Lui, Le Bon Vivant, le Fils de Dieu incarné… C’est en étant généreux, en buvant, en mangeant et en travaillant comme Lui… C’est en étant reconnaissants, en nous réjouissant devant Dieu, que nous feront la Joie du Père. Jésus est le modèle de La Vraie Sagesse, la Sagesse Incarnée, qui est présenté par le chapitre 8 des Proverbes bibliques comme étant « à l’œuvre auprès de Dieu », pendant la fondation du Monde, « faisait de jour en jour Ses délices, jouant devant lui tout le temps, jouant sur la surface de sa terre, et trouvant ses délices parmi les êtres humains »[30].

     

    Conclusion

    C’est donc bien sur cette Terre, et dans son activité et les plaisirs simples du manger, du boire, et dans la joie de l’Amour et de la relation, que l’homme peut trouver sa joie, et un sens à son existence. Et ce malgré les limites de la vie humaine, l’injustice, la mort, et la non-maîtrise. Mais, les yeux ouverts, le croyant voit Dieu en tout. Il se réjouit avec l’autre, il se réjouit devant Dieu, et il se réjouit en Dieu ; car Dieu prend plaisir à l’œuvre de ses créatures, et il se réjouit d’être liée à elles par une relation d’Amour. La Bible te laisse cet appel, à toi qui me lit : « comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi tu feras la joie de ton Dieu[31] ».

     

     

    Aurélien Bloch

    [1]              Rabhi Pierre, Vers la sobriété heureuse, Arles, Actes Sud, 2010.

    [2]              https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89covillage.

    [3]              Ecclésiaste 1.7.

    [4]              2 Corinthiens 4.18.

    [5]              Ecclésiaste 4.4.

    [6]              Ecclésiaste 5.8.

    [7]              Ecclésiaste 1.3 et 14.

    [8]              Psaume 90.10.

    [9]              Ecclésiaste 11.1-8.

    [10]             Vishnu est le Dieu suprême de l’hindouisme.

    [11]             Bhagavata Purana, livre IX, chapitre XIX.

    [12]             Ecclésiaste 9.7-9.

    [13]             Romains 4.17.

    [14]             Genèse 1.31.

    [15]             Bhagavata Purana, livre IX, chapitre XIX.

    [16]             Deutéronome 12.18.

    [17]             Ecclésiaste 12.1, 11.9.

    [18]             1 Pierre 2.3.

    [19]             Ecclésiaste 12.1.

    [20]             Monisme panthéiste : croyance dans le Grand Tout Divin, et dans le caractère illusoire des différences entre les êtres.

    [21]             Romains 1.20.

    [22]             Psaume 19.2.

    [23]             Psaume 145.10.

    [24]             Jacques 1.17.

    [25]             Proverbes 3.6.

    [26]             Ecclésiaste 11.5.

    [27]             Ecclésiaste 11. 1,2,6.

    [28]             Jacques 1.25.

    [29]             Matthieu 11.19.

    [30]             Proverbes 8.30-31.

    [31]             Ésaïe 60.5.

    [1]Je raccourcis parce que la même formule était utilisée plus haut

    1. Un livre de la Bible qui présente entre autre une réflexion sur la vie et le sens de l’existence.

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  • Dieu, une invention humaine?

     

     

    Par Thomas Hodapp

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  • Peut-on faire confiance aux traductions de la Bible ?

     

    Je parcourais les différents rayons de la bibliothèque. Les auteurs se succédaient, leurs livres défilaient sous mes yeux. Pas moyen de trouver la biographie pour laquelle j’étais venu. Je m’apprêtais donc à quitter la pièce, dépité, lorsqu’une vieille étagère attira mon attention. Là, gisant dans la poussière du temps, patientaient une dizaine de gros volumes. Tous portaient le même nom : La Bible. Pourtant, sous ce titre, chacun d’eux m’indiquait aussi une traduction différente : Louis Segond, Colombe, Darby, français fondamental, français courant, …

    Ce détail m’intrigua. Comment un livre sacré pouvait-il donc posséder autant de traductions ? Peut-on vraiment faire confiance à toutes ces traductions de la Bible ?

     

    Brève Histoire de la traduction biblique

    La Bible, à l’origine, fut principalement rédigée en hébreu ancien, bien qu’avec deux sections en araméen (dans l’Ancien Testament) et en grec koiné, langue alors parlée dans l’Empire romain du Ier siècle (Nouveau Testament). Très rapidement, elle fut l’objet de traductions : grec, latin, araméen,  syriaque, copte, arménien, arabe, …[1]

    La première Bible entièrement traduite en français date de 1487. Elle fut l’œuvre  de Jean de Rély. Depuis, une centaine d’autres versions ont été réalisées, notamment du XIXe au XXIe siècle, certaines des plus célèbres étant les Bibles de Jérusalem, de la Colombe, Louis Segond ou encore du Semeur.

     

    Quelques défis de la traduction 

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une traduction n’est jamais facile à réaliser. En effet, qu’elle soit d’un roman contemporain ou d’un manuscrit millénaire, plusieurs éléments la compliquent : les mots, les temps ou encore les images.[2]

    Premièrement, se pose la question du vocabulaire. Il est difficile, voire impossible, de traduire par un seul et même terme un mot étranger, d’autant plus s’il est issu d’une langue morte. Chaque langage, en effet, possède sa propre manière de partager l’ensemble de l’expérience humaine en mots. Autrement dit, il n’existe jamais de purs synonymes. A titre d’exemple, la « mer », en français, est une grande étendue d’eau salée qui recouvre une partie de la surface de la Terre (Mer Morte, Mer du Nord, Mer Noire). La « mer », dans un sens plus figuré, peut aussi représenter une vaste étendue (mer de nuage, mer de sang). Ce mot est souvent traduit en hébreu biblique par « Yam », terme qui désigne une étendue d’eau salée ou non, voire, plus bonnement, une étendue. « Yam » pourrait donc à la fois décrire une mer, un lac, un grand fleuve, une grande cuve, … Le cas contraire d’un mot français plus large qu’un mot hébreu est tout aussi vrai.

    Deuxièmement, apparaît la question grammaticale. La traduction peut, en effet, être compliquée par le temps des verbes. En français, on classe les verbes en temps passé, présent et futur. Or, en hébreu, un autre système est utilisé, les verbes étant placés selon deux catégories : l’accompli (qui désigne une action accomplie dans le passé, dans le présent ou qui sera accomplie dans le futur) et l’inaccompli (qui désigne une action inaccomplie dans le passé, dans le présent et dans le futur). Ainsi, la traduction en français d’un verbe à l’accompli dépendra du contexte dans lequel il est utilisé.

    Troisièmement, relevons la question de l’imaginaire et du contexte culturel. Les images diffèrent selon les langues et les cultures. Ainsi, un « roucoulement », son produit par la colombe, désigne en français le dialogue amoureux, alors qu’en hébreu, il signifie le gémissement et la plainte. Aussi, traduire en français « roucouler de douleur » n’aurait aucun sens.

    Il existe encore de multiples autres difficultés dans la traduction que le sens des mots, le temps de verbes ou les images : la structure de la phrase, le rythme de la langue, …

    Traduire un texte mot-à-mot n’aurait donc aucun sens pour nous. Il vaudrait mieux transcrire une phrase le plus fidèlement possible selon les mots, tout en s’adaptant au lecteur, qui ne connaît pas la culture et le langage originaux du texte, afin qu’il comprenne au mieux son sens original.

     

    Deux genres de traductions dans la Bible

    Il existe deux genres parmi les multiples traductions de la Bible : le genre littéral et le genre sémantique.[3][4]
    Le premier consiste à toujours transcrire un seul et même mot de la langue originale en un seul et même mot français. En guise d’illustration, le mot hébreu « Yam », même hors du contexte d’une mer d’eau salée, sera toujours traduit par le mot français « mer ». Ainsi, le lecteur aura plus de fil à retordre dans sa compréhension du texte. Je note aussi une perte dans le sens rythmique et poétique que l’auteur hébreu pouvait mettre à sa composition. Le but du genre littéral est de permettre au lecteur de retrouver dans le mot français le mot hébreu[5].

    Aux possibles dépends de la concordance des mots hébreux-français, la traduction sémantique préfère s’accorder le sens premier d’origine, voire son rythme s’il s’agit de poésie (psaumes, …). Sa vocation sera donc plutôt d’accorder une lecture plus compréhensible au lecteur.

     

    Pouvons-nous donc nous fier aux traductions de la Bible ?

    Il existe ainsi de nombreuses traductions, chacune d’elle s’inscrivant dans une gamme allant du plus littéral au moins littéral. Cependant, parce que c’est le but fondamental de toute traduction, le sens (ou, au moins, un des sens) désiré par l’auteur original demeure toujours. Par conséquent, tel ou tel terme traduit peut parfois sembler flou, mais jamais se contredire. Il peut, cependant, se compléter. Aussi, une traduction fidèle de la Bible, qu’elle soit littérale ou sémantique, retranscrira parfaitement son message fondamental.

    En effet, toutes ces traductions visent un seul et même but fondamental, celui de révéler au monde le Salut que Dieu nous accorde. L’Histoire révélée de ce Salut, c’est cette Bible, que l’on divise en deux parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament.

    L’Ancien Testament porte sur les questions de la perte du Salut par l’homme et du plan de Dieu pour le lui accorder de nouveau. L’Homme s’est rebellé contre le Dieu Créateur en violant son commandement et s’est ainsi séparé de lui, se condamnant ainsi à la mort. Cependant, ce Dieu bafoué a tant d’amour pour l’Homme qu’il a prévu un plan pour le sauver. L’Ancien Testament et ses histoires, c’est la mise en place de ce plan.

    Le Nouveau Testament est l’accomplissement final de ce plan. Conformément au plan et à la volonté de Dieu, Jésus-Christ, Homme et Dieu à la fois, innocent de tout rébellion contre Dieu (que l’on appelle péché), ayant accompli parfaitement la Loi de Dieu et celle des Hommes, est pourtant mort. Mais pourquoi ? Ce n’est pas possible ! C’est illogique ! C’est insensé ! Eh bien, non. Jésus-Christ est mort, pour que que tout être humain, coupable, puisse lui donner son péché et, ainsi, être acquitté. Jésus-Christ portera alors sa condamnation qu’est la mort. Aussi, puisque n’ayant plus à la subir, cet Homme retrouvera la condition première et la vie éternelle qu’il avait perdues.

    Voilà le plan de Dieu. Voilà la Bonne Nouvelle (du terme grec evangélion, évangile). Toutes les traductions de la Bible, littérales ou sémantiques, transmettent ce message fondamental qu’est l’Évangile.

     

    Conclusion :

    Ainsi, nous devons rester attentif aux différentes traductions et ne pas hésiter à les comparer entre elles. En effet, les positions littérale ou sémantique offrent toutes deux un parti pris, puisqu’elles font un choix dans leur traduction, et une partialité, puisqu’elles privilégient une compréhension à une autre. Cependant, ces écarts de traduction révèlent souvent les différents sens (non contradictoires) du texte original. Aussi, puisqu’il est bien difficile de comprendre parfaitement les langues originales de la Bible (hébreu, araméen, grec), il est intéressant de croiser plusieurs traductions, certaines littérales, d’autres sémantiques. Cela permet une meilleure compréhension du texte d’origine.

    Toutefois, nous pouvons accorder une grande confiance à la majorité des traductions bibliques. Bien qu’elles soient sujettes au parti pris et à la partialité, ces difficultés n’ont pu empêcher le message  divin d’être transmis fidèlement aux humains et l’enseignement fondamental de la Bible d’être apporté sans changement[6] : tout être humain, à la condition de céder à Jésus-Christ son péché et de le reconnaître comme étant son Sauveur et Seigneur, est acquitté et obtient la vie éternelle.

     

    Christian Cruchet, novembre 2017

     

     

    [1]Exemples connus :

    • la Septante (Grec, IInd siècle av. J.-C)
    • la Vetus Latina (ses traductions en latin, IInd siècle ap. J.-C)
    • la Vulgate (Latin, vers 390-405)
    • les Targoums (Araméen, traduction araméenne de l’Ancien Testament),

    [2]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre I – « Traduire »)

    [3]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre II – « Les versions en usage »)

    [4]Jean-Marc Babut, Lire la Bible en traduction, édition « Lire la Bible », 1997 (Chapitre III – « Les limites d’une traduction »)

    [5]Bien que certains le tentent, à l’instar d’André Chouraqi, une traduction parfaitement littérale est impossible à réaliser (comme présenté dans le point précédent : « Quelques défis de la traduction »).

    [6]http://larevuereformee.net/articlerr/n272/nos-traductions-bibliques-sont-elles-fiables : « Conclusion »

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  • Le problème du sens critique et de la foi: la théière volante

    Dieu ou une théière volante, quelle différence ? Aucune selon certains. En effet, les deux seraient acceptées sans raison, sans réflexion. Que ce soit Le Monstre volant en spaghetti – qui a sa propre religion – ou encore la Licorne rose invisible, et même pour les plus courageux le Dieu de la religion chrétienne, vous pouvez tout accepter du moment que vous débranchez votre cerveau. Au revoir cellules grises ; adieu sens critique ! Théière volante, accueille-moi dans ton royaume !

    L’analogie de la théière

    La comparaison entre la foi chrétienne et une théière volante vous semblera peut-être un peu osée. Pour tout dire, elle n’est pas de moi. Pas plus que l’idée d’un Monstre volant en spaghetti ou d’une Licorne rose invisible. C’est le grand philosophe anglais Bertrand Russell qui a le premier utilisé cette image dans un article non publié :

    « Si je suggérais qu’entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j’aie pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes. »[1]

    Bien sûr, l’exemple de Russell illustrait sa conviction que la généralisation d’une croyance ne signifie pas nécessairement que celle-ci soit raisonnable. Dans un certain sens, donc, l’illustration de Russell met en évidence le problème de la « charge de la preuve ». C’est à celui qui croit en cette théière volante de démontrer son existence. Et il est maintenant quasi accepté que la charge de la preuve est de la responsabilité des chrétiens.

     

    La foi contre le sens critique

    Mais cet exemple de Russell ne concerne pas que la « charge de la preuve ». En effet, la conclusion de l’article de Russell montre que l’existence de la théière volante est analogique à l’existence de Dieu. Russell conclut ainsi qu’il n’y a aucune raison de croire les dogmes de la foi chrétienne. En d’autres termes, croire en Dieu est irrationnel. C’est une capitulation du sens critique.

    Qu’est-ce que le sens critique ?

    Mais qu’est-ce que ce sens critique qui serait annihilé par la foi en Dieu ? En quelques mots, c’est un processus de remise en question qui nous conduit à toujours réexaminer ce que nous savons, ou pensons savoir : « La pensée critique est une pensée raisonnable et réfléchie axée sur décider ce qu’il faut croire ou faire. »[2]

    L’esprit critique utilise tous les instruments possibles pour déterminer ce qui est vrai, possible, ou complètement farfelu. Les raisonnements fallacieux sont dénoncés, les présupposés mis à nu. L’« esprit critique » accorde ainsi une part importante à la rationalité humaine, mais il n’ignore pas les autres dimensions humaines, comme l’imagination, nécessaire en science. Parmi les éléments que suppose l’esprit critique nous pouvons compter divers critères, tous présents dans la pensée chrétienne :

     

     

    • Analyser des arguments, développer une logique (déduction, induction, etc.). L’apôtre Paul développe une argumentation particulièrement poussée dans les premiers chapitres de sa lettre aux Romains (par exemple en Rm 3-5). Jésus utilise l’argument a fortiori en Jean 7.21-24, ou une inférence de type modus ponens en Luc 7.19-22.

     

    • Clarifier des arguments par le questionnement et la précision. C’est ce que font constamment les disciples de Jésus en lui posant des questions de clarification. Jésus répond rarement de façon précise aux questions de ses disciples !

     

    • Juger de la crédibilité d’une source. Jésus fait précisément cela lorsqu’il utilise les premiers livres de l’Ancien Testament (le Pentateuque) pour répondre au groupe religieux des Sadducéens en Luc 20.27-38. Les Sadducéens ne reconnaissant comme source d’autorité que le Pentateuque, Jésus a jugé que la crédibilité de ces livres pour les Sadducéens en faisait un point d’appui rhétorique particulièrement efficace.

     

    • Utiliser des moyens rhétoriques appropriés afin de répondre aux erreurs de logique. L’apôtre Paul, par exemple, répond à un argument du type « homme de paille » qui construit une pensée que Paul lui-même n’a jamais entretenue : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Certainement pas ! » (Romains 6.1-2)

    Le sens critique mis en action

    Si c’est bien cela le sens critique, croire en ce Dieu de la Bible ne suppose certainement pas son abandon. Les pages de la Bible sont remplies d’hommes et de femmes qui utilisent leur sens critique et qui, d’ailleurs, doutent de Dieu à cause de cela. Prenons un premier exemple. Après la résurrection de Christ, les premiers croyants ont douté de la factualité de ce miracle. Nous lisons dans l’Evangile de Luc que lorsque la résurrection leur est annoncée, « ces paroles leur parurent [aux autres croyants] une niaiserie et ils ne crurent pas les femmes » (Luc 24.11). Bien sûr ! Ils utilisèrent leur sens critique qui, jusqu’à preuve du contraire, leur disait qu’elles avaient rêvé. Au mieux !

    Deuxième exemple. Lors d’une traversée de nuit en bateau sur le lac de Galilée, les disciples voient soudainement Jésus s’avancer vers eux, marchant sur les eaux. Quelle est leur première réaction ? Ils s’écrient : « C’est un fantôme ! » (Matthieu 14.26) Ils ne crient pas « Trop fort Jésus, tu peux même marcher sur l’eau ! » Non. Leur sens critique, ou même plus fondamentalement leur « bon sens », leur disait que marcher sur l’eau est impossible.

    La foi chrétienne, parce qu’elle affirme que Dieu nous a créé comme êtres doués de raison, exige que nous utilisions celle-ci. La foi chrétienne exige par exemple que nous répondions à la grande question, celle de l’existence et de l’origine. Elle ne se satisfait pas d’une ignorance sur ces questions.

     

    Les fondements du sens critique

    Mais j’irai plus loin encore. Le sens critique n’est pas arbitraire. Il est toujours lui-même fondé sur quelque chose. Le problème du « sens critique », tel qu’il est utilisé par Richard Dawkins, ou par Bertrand Russell, c’est qu’il exclut a priori certaines choses. Le problème de leur sens critique, ce n’est pas qu’ils rejettent le Dieu de la foi chrétienne. Le problème c’est que tous deux prédéterminent que le sens critique est opposé à la foi chrétienne. Ils ne démontrent pas cela, mais se contentent de l’affirmer. Et en faisant cela, Dawkins par exemple, abandonne le principe même qu’il souhaite utiliser. Pourquoi ? Parce que notre sens critique est toujours informé par ce que nous pensons pouvoir exister.

    L’erreur de Russell c’est qu’il présuppose qu’une théière volante est comparable à un Dieu créateur. Par cette simple comparaison, Russell abandonne son sens critique en comparant des choses techniquement non comparables. Pourquoi ces deux choses ne sont pas comparables ? Parce que, par exemple, « être invisible » fait partie des attributs de Dieu, alors que « être en orbite entre la terre et Mars » ne fait pas partie des attributs d’une théière[3]. Cette erreur s’apparente à une erreur de logique, une erreur de comparaison.

    Comment expliquer qu’un aussi grand philosophe que Russell ait pu commettre une telle erreur de logique ? À mon sens nous touchons là à quelque chose d’essentiel. Si Russell, ou de nombreux auteurs du Nouvel Athéisme, a pu faire une analogie implicite entre la théière volante et le Dieu de la Bible, c’est parce qu’il présuppose que, tout comme la théière volante, l’existence du Dieu de la Bible est impossible. En fait, Russell, dévoile ici un point de départ non critiqué : Dieu ne peut pas exister. Pourquoi ? Parce que Russell utilise son sens critique sur la base d’une autorité préalable, celle de son matérialisme. C’est ce dernier qui dirige et informe son sens critique.

    Vous allez peut-être alors me demander si ceci n’est pas valable pour chacun d’entre nous. Et dans un certain sens, vous auriez raison, parce que nous fonctionnons tous de la même manière. Notre sens critique est toujours fondé sur quelque chose de plus fondamental qui l’explique et lui donne sens. Mais quoi ? Le matérialisme d’un Dawkins ne peut expliquer l’émergence et l’intégrité de l’esprit critique.

    Quelle est donc l’autorité qui sert de fondement à votre sens critique ? La foi chrétienne présente cette autorité comme devant être le Dieu révélé dans la Bible, Dieu qui est au fondement de toutes choses, y compris de notre rationalité. Une telle lecture nous conduit à fonder le sens critique dans la rationalité humaine créée par le Dieu de la Bible. En ce sens, la foi chrétienne ne suppose pas l’abandon de notre sens critique. Elle le suppose au contraire. Je dirai même que seule la foi chrétienne préserve notre sens critique en dévoilant les présupposés erronés que nous pouvons avoir sur Dieu, le monde, et nous-mêmes. Découvrez ce sens critique biblique et « goûtez et voyez que l’Eternel est bon ! » (Paumes 34.8).

     

     

    Yannick Imbert, Septembre 2017

    [1]     Bertrand Russell, « Is There a God ? », 1952, non publié, Campaign for Philosophical Freedom, en ligne, http://www.cfpf.org.uk, consulté le 3 février 2017. On retrouve l’exemple du Monstre volant en spaghetti chez Dawkins dans ses ouvrages Pour en finir avec Dieu et A Devil’s Chaplain.

    [2]     Robert H. Ennis, « The Nature of Critical Thinking: An Outline of Critical Thinking Dispositions and Abilities », University of Illinois, en ligne, http://faculty.education.illinois.edu, consulté le 24 août 2017.

    [3]     La relation entre la charge de la preuve, à travers l’exemple du monstre en spaghetti, volant, et la question métaphysique est évoquée par William Lane Craig dans « God and the Flying Spaghetti Monster », Reasonable Faith, en ligne, http://www.reasonablefaith.org/god-and-the-flying-spaghetti-monster, consulté le 24 août 2017.

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  • La où science et foi semblent s’opposer

    Thomas Hodapp discute avec nous quelques points où la science et la foi semblent être en conflit.

     

    Merci à Thomas Hodapp pour cette vidéo!

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  • Là où science et foi semblent se confirmer

    Un petit topo sur les points où la science donne des indications qui s’expliquent au mieux par la présence d’un créateur.

    Merci à Thomas Hodapp pour cette vidéo!

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Page mise à jour le 03/08/2017